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Une infirmière aurait volé des médicaments

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

PIERRE-PAUL POULIN/JOURNAL DE MONTRÉAL

Une infirmière auxiliaire, accusée d’avoir volé 28 comprimés antidouleur à une résidente d’un centre pour aînés de la Montérégie où elle travaillait, aurait tenté d’effacer ses empreintes sur le pilulier avant l’arrivée des policiers.

Isabelle Thibault était «paniquée» lorsque le pilulier de Dilaudid a été trouvé vide, deux jours après avoir mystérieusement disparu, a témoigné mardi l’infirmier auxiliaire Martin Jodry.

L’ex-collègue de l’accusée de 44 ans a raconté au juge Bertrand St-Arnaud la séquence des événements ayant mené à la démission de l’infirmière auxiliaire de la Résidence Salaberry, en juin 2018.

Celle qui occupait le poste de coordonnatrice des soins depuis 2011 a été accusée un mois plus tard de vol de moins de 5000 $, de possession de substance et de tentative d’entrave à la justice.

On reproche à Thibault d’avoir subtilisé 28 comprimés de Dilaudid, un puissant médicament pour apaiser la douleur, destinés à une résidente.

Puisque plusieurs disparitions inexpliquées de narcotiques étaient survenues à la résidence dans le passé, le directeur général avait exigé que ces comprimés soient rangés sous clé dès leur réception.

Le 1er juin 2018, Thibault aurait toutefois laissé les médicaments sur un bureau. Les employés ont constaté la disparition du pilulier le lendemain et les policiers ont été contactés.

«Mise en scène»

Le surlendemain, Thibault est rentrée au travail malgré un congé. En vérifiant les bacs de pansements, elle y aurait trouvé le fameux pilulier manquant, vide.

«Ça avait l’air d’une mise en scène», a illustré M. Jodry, mardi, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

Thibault aurait contacté la responsable de l’entretien ménager de la résidence pour savoir comment effacer des empreintes digitales, ce à quoi celle-ci aurait répondu qu’elle ne connaissait que l’eau de Javel.

«Isabelle m’a dit: "Je ne peux pas prendre le [pilulier] et le tremper dans l’eau de Javel"», a noté Françoise Lemaire.

L’accusée aurait finalement utilisé des gants et des mouchoirs pour tenter de nettoyer l’objet, d’après M. Jodry.

«Elle a dit: "Ils [les policiers] vont penser que c’est moi, parce qu’il y a mes empreintes dans toutes les alvéoles"», a affirmé l’infirmier auxiliaire, ajoutant que les employés ne doivent jamais toucher aux comprimés avec leurs doigts.

Témoignant pour sa défense mardi, Thibault a nié avoir posé ce geste.

Déjà suspendue

En 2010, elle a obtenu une absolution conditionnelle – absence de casier judiciaire – après avoir volé la carte de crédit d’une collègue pour faire des achats.

Son ordre professionnel l’a toutefois radiée pour une période de deux semaines.

À l’époque, la femme aurait mentionné avoir des problèmes de consommation, stipule la décision déontologique datant de 2014. Thibault a aussi nié cela mardi.