/news/society

Les mères moins payées que les femmes sans enfants

Agence QMI

Happy mother and child smiling

nd3000 - stock.adobe.com

En dépit des avancées sociales comme l’institution de congés parentaux, les Canadiennes continuent d’être désavantagées au moment de fonder une famille. Selon une étude de RBC, les mères font face à une pénalité salariale importante, et ce jusqu’à 5 ans après leur retour au travail.

Les données du recensement de 2016 de Statistique Canada indiquent que les femmes âgées de 25 à 34 ans ont vu leurs revenus chuter de 48 % dans l’année qui a suivi la naissance d’un premier enfant, par rapport aux femmes sans enfant.

Ces chiffres sont peu surprenants puisque la plupart d’entre elles prennent un congé parental et cessent d’exercer un travail rémunéré pendant 18 mois.

Toutefois, le rapport de la RBC révèle que les mères continuent de subir une baisse de revenu des années après leur retour sur le marché du travail. Les femmes de 25 à 38 ans ont vu leurs revenus diminuer de 4 % au cours des cinq années qui ont suivi leur accouchement, par rapport à celles qui n’ont pas d’enfant.

Et cette perte de gains atteint 14 % pour les plus jeunes, âgées de 25 à 29 ans. Ces années sont considérées comme «une période clé pour le développement et l’avancement de leur carrière», explique le rapport daté du mois de mars.

«En se concentrant sur les femmes qui ont leur premier enfant entre 30 et 34 ans, nous constatons que les revenus remontent rapidement, voire dépassent le niveau de celles sans enfant. Cela suggère que d’avoir des enfants en début de carrière peut avoir un impact démesuré sur les revenus», a indiqué Andrew Agopsowicz, économiste à la RBC et auteur de l’étude.

Les revenus des pères... augmentent

Selon l’étude, les hommes ne subissent aucune pénalité, au contraire, devenir père serait même associé à une augmentation des revenus. «Les coûts de la parentalité liés à la carrière sont en grande partie à la charge des femmes», a souligné M. Agopsowicz.

L’étude note qu’en 2018, environ un tiers des femmes âgées de 25 à 34 ans ont déclaré travailler à temps partiel pour s'occuper de leurs enfants, contre moins de 5 % pour les hommes du même âge.

«Le fait de travailler à temps partiel peut rendre plus difficile la candidature à un poste de direction mieux rémunéré, ce qui contribue encore à la différence de salaire entre hommes et femmes», peut-on également lire.

Avoir des enfants plus tard

«Les données suggèrent que [pour atténuer cette perte de revenus] certaines femmes attendent que leur carrière soit mieux établie avant de fonder une famille», a expliqué M. Agopsowicz.

Selon l’étude, l'âge moyen des femmes à la naissance de leur premier enfant est passé d'environ 27 ans en 2001 à environ 29 ans en 2016.

Avoir des enfants n’est pas le seul facteur qui pèse sur les revenus des femmes: l’étude indique également que plus de femmes travaillent moins pour pouvoir s’occuper des aînés de la famille.