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ABI : Legault favorise une multinationale au détriment des travailleurs, dit Massé

Charel Traversy | TVA Nouvelles et Agence QMI 

La porte-parole de Québec solidaire Manon Massé reproche à François Legault de favoriser la multinationale Alcoa dans le dossier de l’aluminerie de Bécancour (ABI) au détriment des travailleurs forcés au lock-out.

«Le premier ministre met tout son poids derrière le PDG à 13 millions $ d'Alcoa parce que, finalement, il trouve que nos travailleurs québécois sont trop payés», a déclaré Mme Massé, lors de la période de questions à l’Assemblée nationale, jeudi.

M. Legault répète ad nauseam depuis la campagne électorale de l’automne dernier qu’il veut créer des emplois payants au Québec. Mais selon Manon Massé, s’impliquer dans un conflit privé en faveur du patronat risque au contraire de tirer les salaires vers le bas.

«[Les bons] salaires, ils sont obtenus par de la négociation, et le rôle du premier ministre, lorsqu'il y a une négociation, c'est de s'élever au-dessus de la mêlée», a ajouté Mme Massé.

M. Legault a indiqué la semaine dernière que le syndicat devait faire des concessions, notamment en raison «des salaires très importants». M. Legault a depuis indiqué que les demandes «déraisonnables» des syndicats concernent surtout les heures de délibération syndicales et les prestations de retraite.

«Dans le dossier d'ABI, j'ai rencontré les deux parties, j'ai bien écouté le syndicat, bien écouté la direction. Je suis arrivé à la conclusion qu'il y a un problème du côté du syndicat», a répété M. Legault, jeudi, en chambre.

«Je pense qu'on a effectivement une responsabilité, quand on occupe des fonctions comme les miennes d'aider à faire cheminer ces dossiers», a-t-il ajouté.

Quelque 1030 employés de l’Aluminerie de Bécancour sont en lock-out depuis le 11 janvier 2018 à la suite de la décision d’Alcoa et de Rio Tinto Alcan de fermer temporairement l’usine, située dans le Centre-du-Québec.

Les sous-traitants inquiets

ABI engendre des retombées économiques de 500 millions $ pour la Mauricie et le Centre-du-Québec. La semaine prochaine le lock-out entrera dans son 15e mois de conflit.

Les négociations sont présentement au point mort. L'aluminerie menace désormais de fermer sa dernière série de cuves en activités, ce qui inquiète plusieurs des 150 sous-traitants.

Depuis le début du conflit, des entreprises sous-traitantes ont eu à se réorganiser. C’est le cas chez Groupe MBI.

Joint au téléphone, le président de MBI espère pouvoir rappeler les employés mis à pied au début du lock-out. L'entreprise a réduit son nombre de travailleurs de 80 à 15. Le président, Luc Blanchette, est présentement en voyage d'affaires au Qatar à la recherche de nouveaux clients.

Chez Hydrexcel, les premières semaines ont été difficiles. Il a fallu redoubler d'efforts. «Quand c'est arrivé, il y a un an et demi, on a eu une restructuration à faire, a confié le directeur, Joaquim Blanchette. On a eu quelques mises à pied. On s'est reviré de bord assez rapidement, on a trouvé de nouveaux clients et on a été en mesure de rappeler notre monde.»

La Chambre de commerce et d'industrie Coeur-du-Québec, a aussi exprimé des inquiétudes.

 

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