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Mosquée de Québec: la tuerie à travers les yeux d’un policier

Pierre-Paul Biron | Journal de Québec

Archives/Agence QMI

Le premier policier à être intervenu à la mosquée de Québec le soir de la tuerie du 29 janvier 2017 se raconte dans un livre à paraître qui dévoile une perspective différente du terrible drame, soit l’intervention des forces de l’ordre.

Jonathan Filteau vivait une journée des plus tranquilles le 29 janvier 2017. Paperasse, petits dossiers, rien ne laissait présager ce qui l’attendait.

« Comme toutes les personnes touchées par ce qui s’est passé ce soir-là, il y a eu pour moi un avant et un après 29 janvier », confie le policier, auteur d’Au cœur du chaos.

Deux ans plus tard, l’écriture de son livre lui permet de raconter ce qu’il a vécu après qu’Alexandre Bissonnette, qu’il ne nomme jamais dans l’ouvrage, a fait irruption dans la mosquée de Québec pour y tuer six personnes.

« Je voulais que l’on puisse comprendre comment en l’espace de 60 secondes, tu peux plonger dans un univers inimaginable », explique Jonathan Filteau.

Sa démarche lui a notamment permis de reprendre contact avec Mohamed Belkhadir, l’homme initialement arrêté comme suspect potentiel, mais qui n’était qu’une victime parmi tant d’autres ce soir-là.

Boucler la boucle

Il raconte dans le livre, qui sera en librairie le 10 avril, « leur première rencontre ».

« Ça s’est fait avec mon arme à feu braquée sur lui », se rappelle le policier.

« Je suis allé prendre un café avec lui, et de pouvoir discuter de la façon qu’il avait vécu les événements et de comprendre les deux perspectives, ça nous a permis à tous les deux de faire en quelque sorte une boucle. »

L’auteur souhaite que son livre puisse avoir le même effet sur d’autres personnes qui ont vécu de près ou de loin la tragédie. Parce que deux ans plus tard, la boucle est encore loin d’être bouclée pour certains.

« Je veux dire que c’est possible de vivre avec ça et de construire là-dessus, pour devenir quelqu’un de plus fort. [...] 100 % des êtres humains vivent des événements traumatisants au cours de leur vie, comme la perte d’un proche. Donc si quelqu’un se reconnaît dans ce que je raconte, tant mieux », souligne M. Filteau, qui prendra sa retraite du SPVQ en octobre prochain.

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