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Humboldt marque le premier anniversaire de l’accident qui a décimé ses Broncos

Agence QMI

La communauté de Humboldt, en Saskatchewan, s’est recueillie dans le plus grand respect samedi pour rendre hommage à ceux qu’elle a perdus il y a un an dans le terrible accident de la route qui a décimé son équipe de hockey junior.

Le 6 avril 2018, à 16 h 50, l’autobus qui transportait les Broncos vers Nipawin, une municipalité plus au nord, pour y affronter les Hawks s’est fait heurter de plein fouet en chemin par un semi-remorque. Le bilan a été lourd: 16 morts et 13 blessés.

Ce samedi, dès le début de la cérémonie, à l’heure exacte de la tragédie, une minute de silence a été observée à l’aréna Elgar Petersen, domicile des Broncos, où des centaines de personnes étaient rassemblées pour marquer le premier anniversaire de l’accident.

La cérémonie a été présidée par un pasteur local, et plusieurs hommes d’Église, dont l’aumônier des Broncos, ont été invités à s’adresser à l’audience, de même que des membres des familles des disparus.

Le maire de Humboldt, Rob Muench, qui a également pris la parole, a déclaré qu'un an après l'accident, Humboldt commençait à voir «la lumière au bout du tunnel».

Deux mères de victimes ont aussi pris la parole.

«Le premier anniversaire doit permettre aux gens de progresser dans la vie avec les bénédictions de leurs proches, a déclaré Celeste Leray-Leicht, la mère de Jacob Leicht, mort dans l’accident. En tant que mamans, nous protégeons également nos 13 nouveaux fils.»

«Il faut beaucoup de courage pour avoir de l'espoir», a-t-elle dit.

Carol Brons, la mère de Dayna Brons, la seule femme dans l’autobus et la dernière des 16 victimes à rendre l’âme, a remercié les dirigeants politiques et religieux pour leurs initiatives après l’accident.

«Continuez à plaider pour un changement positif. Le bien doit continuer à en découler», a-t-elle dit.

Des bouquets de fleurs avaient été disposés tout autour du centre de la glace, ainsi que 29 cierges représentant les 29 personnes présentes dans l’autobus au moment de l’accident. Les cierges ont été allumés pendant le rassemblement.

La cérémonie a en outre été ponctuée de messages de sympathie et d’encouragement de la part d’élèves de plusieurs écoles, ainsi que de prières, de chansons, de lectures de textes sacrés et de poèmes.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, figurait parmi ceux qui ont assisté à la cérémonie samedi. «Les mots ne peuvent toujours pas décrire la perte que nous ressentons», avait-il écrit sur Twitter plus tôt dans la journée.

Quant au premier ministre canadien Justin Trudeau, ses mots de réconfort ont été partagés dans une vidéo présentée aux personnes rassemblées.

Une nuit d’enfer à l'Hôpital Royal University

À l’occasion du premier anniversaire de la tragédie des Broncos de Humboldt, le Dr Hassan Masri s’est rappelé la nuit d’enfer qui a suivi l’accident d’autobus, alors que plusieurs joueurs et membres de l’équipe étaient conduits aux urgences de l'Hôpital Royal University de Saskatoon.

En entrevue avec Global News, le Dr Masri, qui œuvrait aux soins intensifs cette nuit-là, a confié que son retour à la maison, au lendemain du drame, lui avait paru avoir duré une heure, alors que le trajet en automobile ne prend, dans les faits, que quatre minutes.

«Je me souviens avoir ouvert la porte et de m’être assis sur le sofa, puis là toute la nuit m’est revenue», a dit M. Masri, qui est toujours habité par le drame, 365 jours plus tard.

«Même que quand je vais aux soins intensifs, je pense toujours à cette nuit et qui se trouvait dans quel lit et des choses comme ça. Ces souvenirs, je ne pense pas qu’ils vont disparaître de sitôt », a-t-il enchaîné, témoignant du drame qui s’est joué sous ses yeux, alors que 13 membres de l’équipe étaient hospitalisés pour soigner des blessures, dont certaines graves qui ont laissé des gens handicapés.

Seize autres personnes ont eu encore moins de chance en trouvant la mort dans la tragédie routière survenue le 6 avril 2018 dans un secteur rural de la Saskatchewan.

Cette nuit-là, à l’hôpital où œuvre le Dr Masri, un code orange a été déclenché, signifiant qu’un important flot de blessés y était conduit.

Le médecin a relaté que tous les services de l’hôpital, même les préposés à l’entretien ménager, ont fait des heures supplémentaires dans les heures ayant suivi le drame. «Il ne fait aucun doute que ce fut la plus longue nuit de ma vie», a-t-il témoigné.

«Le plus difficile, c’était de voir les parents en deuil comme je n’avais vu cela auparavant, et en très, très grand nombre», a-t-il ajouté.

«En tant que personnel médical, nous aimons dire aux gens que tout ira bien, et ne pas être en mesure de leur donner cet espoir, ou c’est assurance, que nous aimerions leur donner, a certainement été quelque chose d’extrêmement difficile, et d’avoir à affronter ça autant de fois cette nuit-là», a précisé le Dr Masri.

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