/news/society

Le manque d’aide en santé mentale dénoncé

TVA Nouvelles

Les proches d’une femme de Portneuf, qui s’est enlevé la vie en février, soutiennent qu'elle n'a pas reçu les soins que nécessitait son état, malgré ses nombreux passages dans le système hospitalier.

Besoin d’aide? 1-866-APPELLE (277-3553)

Le conjoint et une amie proche de Jocelyne Pelletier sont en colère contre les autorités de la santé publique. Selon eux, le système n’a pas su intervenir pour aider la femme de 70 ans qui était en détresse. Ils disent qu'elle a été victime du syndrome de la porte tournante, qu'elle est entrée dans le système de santé pour vite en ressortir.

Son amie Marie-Hélène Villeneuve, une infirmière à la retraite, s'indigne du manque d'aide.

«[Je suis] très, très choquée, a-t-elle témoigné en entrevue avec TVA Nouvelles. C'est dommage qu'on laisse une personne comme ça, souffrante, délirante, psychotique. Je l'ai vue tellement triste, je l'ai vue pleurer.»

Son conjoint vit difficilement cette épreuve. Mme Pelletier était dépressive, elle a été hospitalisée quatre fois en à peine six mois.

«Qu'est-ce qui s'est passé dans tout ça?, se questionne-t-il encore. Ils avaient tous les outils pour la sauver et personne n'a fait le geste.»

«On aurait pu la sauver»

Après ses séjours à l'hôpital, Jocelyne Pelletier ne se sentait pas vraiment mieux.

«Elle me disait: "Ils font rien, ils m'écoutent pas", raconte son amie. Elle a essayé de téléphoner deux fois à son médecin. Elle en demandait, de l'aide. Alors, on aurait pu, oui, la sauver à ce moment-là.»

Le 11 février, quelques jours avant qu'elle commette l'irréparable, Mme Pelletier a demandé à son conjoint de l'amener au CLSC.

«Personne ne vient la voir!, relate-t-il. Puis elle est en crise. Moi, j'ai demandé aux gens, à la réception: "faites venir un intervenant, une intervenante, ça presse". Tout d'un coup, son intervenant est passé et il m'a dit: "Bien coudon, arrête d'importuner mes gens!"»

La famille a déposé une plainte au CIUSSS de la Capitale-Nationale. Les autorités de la santé publique soutiennent qu'une enquête est en cours et que, normalement, aucune personne à risque suicidaire n'est laissée à elle-même, que les intervenants sont formés dans les établissements.

«La coordonnatrice m'a dit: "Madame connaît les ressources", dit l’ex-infirmière. Moi, je crois, pour avoir travaillé dans les milieux, que ce n'est pas tout le monde qui connaît les ressources. Les familles sont prises avec un malade.»

Si vous avez besoin d’aide

Ligne québécoise de prévention du suicide

www.aqps.info

• 1-866-APPELLE (277-3553)

Jeunesse, J’écoute

www.jeunessejecoute.ca

• 1-800-668-6868

Tel-Jeunes

www.teljeunes.com

• 1-800-263-2266

-D’après le reportage de Danny Côté

Dans la même catégorie