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Noomi Rapace et Ethan Hawke en plein syndrome de Stockholm

Le Canadien Robert Budreau met en scène Ethan Hawke, Noomi Rapace, Mark Strong et Christopher Heyerdahl dans une prise d’otages pas comme les autres. Entrevue avec le cinéaste dont le long métrage vient de remporter deux prix Écrans canadiens...

1973, Stockholm. Lars Nystrom (Ethan Hawke), un Américain, met une perruque, prend un poste de radio et se dirige vers la Kreditbanken. Il y pénètre, tire quelques coups en l’air et prend des employés en otage. Parmi eux, il y a Bianca Lind (Noomi Rapace).

L’histoire est véridique. C’est cette prise d’otages qui a donné naissance à l’expression «syndrome de Stockholm», une situation dans laquelle un captif prend fait et cause pour son ravisseur.

«Je n’ai pas changé grand-chose, j’ai compressé la durée des événements, j’ai réduit le nombre de personnages de manière à ce que ce soit gérable. Mais toutes les situations absurdes et folles [comme le fait que Lars Nystrom] chante, qu’il parvienne à joindre directement le premier ministre suédois, tout cela est vrai», de dire Robert Budreau lors d’une entrevue avec l’Agence QMI.

Car c’est lui qui a écrit le scénario en trois ou quatre mois, s’inspirant de «The Bank Drama», un article étoffé d’une cinquantaine de pages sur cette prise d’otages paru en 1974 dans le «New Yorker».

«Comme ce film se déroule principalement dans le coffre-fort et le lobby de la banque, l’histoire était contenue, ce qui m’a aidé à écrire en tenant compte du budget. Je n’ai donc pas eu à m’inquiéter outre mesure.»

«Lorsque j’écris et que je réalise un film d’époque, je cherche toujours la manière dont il peut demeurer contemporain et pertinent. ¨Stockholm¨ se déroule au début des années 1970. En Suède, c’était une époque d’innocence et de douceur alors que les États-Unis sortaient du Vietnam, que Nixon créait une ambiance de paranoïa, ce qui n’est pas sans rappeler l’ère actuelle de Trump. Le parallèle est intéressant.»

Des événements rocambolesques

La vraie prise d’otages a duré six jours alors qu’elle n’en dure que trois dans le long métrage. Mais les faits qui conduisent les otages à prendre le parti des deux malfrats – Lars demande et obtient que son complice Gunnar Sorensson (Mark Strong) soit libéré de prison et vienne le rejoindre – sont relatés dans les grandes lignes, incluant les mesures peu orthodoxes prises par le chef de police Mattsson (Christopher Heyerdahl) pour mettre un terme à cette situation.

«Le but était de permettre au public de ressentir un peu ce qu’est le syndrome de Stockholm, précise Robert Budreau. Ce syndrome fait que l’otage se retourne contre les autorités et développe de la confiance envers ses ravisseurs. Dans ce cas précis, nous voulions montrer à quel moment les otages décident d’aider les criminels afin qu’ils survivent et puissent s’échapper. Le but du film est de se concentrer sur cette relation afin que le public ressente de l’empathie envers les ravisseurs.»

«Ici, la raison principale pour laquelle les otages ont pris le parti des criminels est que les policiers étaient incompétents. Les autorités étaient également mal outillées pour gérer la situation, et elles ont donc commis des erreurs qui ont mis les otages en colère», souligne le réalisateur en faisant référence à leur refus initial d’envoyer de la nourriture ou de l’eau.

Robert Budreau joue ainsi sur plusieurs aspects, insistant sur l’absurde de la situation. En livrant ce drame comique, le Canadien souhaite «que le public en apprenne un peu plus sur le syndrome de Stockholm. Mais nous n’avons pas l’intention d’en faire un classique sur le sujet. Le long métrage se veut un film amusant, divertissant qui présente une relation humaine étrange se déroulant à une époque et dans un lieu étranges. Le tout est inattendu et drôle.»

«Stockholm» étonne les cinéphiles dès le 13 avril.