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Accouchement dans une voiture: les parents n'en resteront pas là

TVA Nouvelles

Le père du bébé né dans une voiture, au beau milieu de la nuit, sur la route entre La Malbaie et Québec, n’entend pas en rester là.

Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, Jean-François Dandurand et sa conjointe Angélique Lauzier, sur le point d’accoucher, ont dû faire la route les menant de Charlevoix à Québec.

Ils s’étaient d’abord rendus à l’hôpital de La Malbaie, mais ils ont été redirigés dans la capitale, le département d’obstétrique étant fermé temporairement à cause d’une pénurie d’infirmières.

Inquiets

Selon ce que rapporte M. Dandurand, on les a retournés en leur disant qu’il n’y avait «rien de pressant».

À la hauteur des chutes Montmorency, les choses se sont toutefois rapidement gâtées et l’accouchement dans la voiture est devenu inévitable. «Je n’ai pas pu tout voir parce qu’il fallait que je reste concentré sur la route», a raconté le père qui tenait le volant à ce moment.

L’homme, qui s’est décrit tant «éveillé» que «stressé», trouve que «la route a été longue». Par ailleurs, des obstacles rencontrés en chemin n’ont rien eu de rassurant pour le couple: un chevreuil frappé par un automobiliste gisait sur la route, ce qui a vraisemblablement contribué à augmenter l’impression de danger.

«3h du matin, on est fatigués, on a deux heures de route à faire, s’occuper de sa femme en même temps que conduire.J’aurais pu perdre connaissance à la naissance du bébé, j’aurais pu percuter un orignal. On ne sait pas ce qui aurait pu se passer, franchement ça aurait pu être vraiment pire», décrit M. Dandurand.

Manque d'assistance

Le couple Lauzier-Dandurand n’en veut pas à la direction de l’hôpital de La Malbaie. Néanmoins, ils estiment qu’il y a «plein de petites choses qui laissent à désirer».

D’une part, la mère en travail n’a pas été vue par un médecin avant d’être renvoyée. Aussi, «on aurait préféré être plus assistés au moment où on a dû partir à Québec, sachant l’heure qu’il était», indique le père, qui confie n’avoir eu aucune idée, à ce moment, de la façon dont ils se rendraient à Québec.

Une suite?

Heureusement, tout le monde va bien, si on exclut la fatigue qui vient avec la naissance d’un enfant. Mais le père prévient qu’il y aura une suite à cette histoire. «Je ne pense pas que ça soit notre dernier mot. [...] On veut prendre le temps, avec ma conjointe, d’en discuter, et on verra ce qu’on fera», a-t-il assuré.

L’hôpital de La Malbaie souffrirait du manque d’une quarantaine d’infirmières dans son effectif. La décision de réduire les services a été prise afin d’assurer l’aspect «sécuritaire» des services aux patientes, justifiait samedi la conseillère en communications au Centre intégré universitaire en santé et services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSSCN), Annie Ouellet.

«Pas fort, hein?»

Paul Brunet, du Conseil pour la protection des malades, trouve que cette histoire donne l'impression de s'être déroulée «très loin», à un endroit où on manque de moyens et d'effectifs. «Pas fort, hein?» a-t-il commenté d'emblée, avec des mots très durs.

«C'est une chance que ça se soit bien passé, parce que ça aurait pu être une tragédie cette histoire-là, et là, qu'est-ce qu'on aurait dit? On a suivi le plan mais on a manqué d'humanité», a-t-il poursuivi.

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