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Les infirmières se mobilisent contre le temps supplémentaire obligatoire

Danny Côté | TVA Nouvelles

Les infirmières démontreront leur ras-le-bol face au temps supplémentaire obligatoire, lundi, à l’occasion de la journée nationale de mobilisation, tel qu’annoncé, mais devront tenir compte d’une ordonnance du Tribunal administratif du travail limitant leur action.

Vendredi, une juge du TAT a émis une décision obligeant les infirmières à accepter, durant leur journée nationale sans temps supplémentaire obligatoire, toute demande de temps supplémentaire obligatoire «lors de situations urgentes et exceptionnelles».

Le jugement n'a pas choqué la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, au contraire. La FIQ s’est dite «extrêmement satisfaite», ajoutant qu’«enfin, un juge parle du caractère urgent et exceptionnel!».

La présidente de la FIQ a assuré, vendredi, que si jamais des situations exceptionnelles se présentaient, lundi, le syndicat userait de son jugement.

Il reste que, selon le syndicat, le temps supplémentaire obligatoire est presque devenu la norme et plusieurs de ses membres n'en peuvent plus.

Cassandra Picard, par exemple, se fait souvent dire qu'elle doit prolonger ses quarts de travail.

«À la dernière minute, avant la fin de mon quart, j'apprends que je dois rester jusqu'au lendemain matin, déplore-t-elle. Je suis obligée de changer mes activités, mon cycle de sommeil. C'est nous qui devenons les patients. Il y a tellement de départs en maladie. Mes collègues, je les vois pleurer et moi aussi je pleure.»

Le syndicat réclame plus de budget et une réorganisation du travail.

La partie patronale, de son côté, dit faire face à un taux d'absentéisme élevé et à une pénurie de main-d'oeuvre.

«Il y a 1000 infirmières au chômage. C'est pas vrai qu'il y a une pénurie. Elles ne veulent pas revenir dans le réseau parce qu'on les a écœurées», mentionne Paul Brunet, du Conseil de la protection des malades.

Une autre infirmière, Louise Bouchard, a quitté le réseau public.

«Un moment donné j'étais plus capable. On peut le faire un certain temps, mais quand c'est régulier, ça devient intolérable!» mentionne la femme qui travaille maintenant dans le privé.

Le syndicat veut mettre de la pression sur la ministre de la Santé qui a promis durant la dernière campagne électorale d'abolir le temps supplémentaire obligatoire. Danielle McCann soutient que c'est un engagement, mais rappelle que les infirmières ont aussi une obligation éthique de voir à la sécurité des patients.

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