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Le bruit excessif force la fermeture de son repaire à partys

Caroline Lepage | Le Journal de Montréal

Un club réservé aux fêtards en plein air doit faire cesser les partys organisés sur son vaste site du Centre-du-Québec et se départir des yourtes, bateau pirate, lits de camp et tables de beer-pong associés à ces beuveries.

Jean-Yves Ferland doit cesser l’exploitation commerciale du Club Ravage sur ses terrains boisés situés à Saint-Samuel, près de Victoriaville, au Centre-du-Québec, pour respecter les zonages agricole et municipal, selon un jugement rendu le 2 avril.

Depuis 2004, cet ex-directeur du Collège Charles-Lemoyne, en Montérégie, a accueilli des milliers de fêtards venant des quatre coins du Québec pour des partys de fin d’études, des initiations étudiantes, des festivals de musique, et quoi encore.

Le juge Éric Hardy a ordonné l’interdiction de ces grands rassemblements ainsi que le démantèlement ou le dépouillement des bâtiments touristiques et festifs, tels que « Le Temple », « La Chevalerie », « La Grillade », les yourtes et même le bateau de pirate aménagé sur une presqu’île. Certains bâtiments peuvent y rester, mais doivent être dépouillés de leurs accessoires.

M. Ferland devra notamment retirer les centaines de hamacs et de lits de camp qui permettaient aux visiteurs de dormir sur place s’ils avaient trop bu.

La mission sécuritaire de cet ex-directeur d’école, hanté par la mort d’anciens étudiants à cause de l’alcool au volant, n’a pas convaincu le juge Hardy.

« Le défendeur n’a fait valoir aucune situation exceptionnelle prévue dans la Loi sur la protection du territoire agricole pour justifier l’usage qu’il fait de ses immeubles, autre que l’agriculture », a-t-il tranché.

Depuis 2015, des voisins ont formulé des plaintes à cause du tapage et du va-et-vient des visiteurs.

« L’un des voisins témoigne avoir vu l’une de ces personnes uriner sur sa maison et d’autres vomir », rapporte le jugement.

Camille Desmarais, le maire de ce village de 780 habitants situé tout près de l’autoroute 20, estime que ces longs partys ne rassemblaient pas juste des étudiants.

Sans compter que le vacarme durait plusieurs jours et nuits.

« Il ne faut pas brimer les intérêts de la communauté. Ce n’est pas un endroit pour ça. Ça dérange beaucoup plus qu’autre chose », dit-il.

M. Desmarais rappelle qu’il est possible de tenir des rassemblements ponctuels sur des terres, en toute sécurité. Il suffit de demander un permis à la Commission de protection du territoire agricole du Québec.

M. Ferland déplore que sa proposition de déménager son « tourisme jeunesse » vers une sablière éloignée, appartenant à un autre homme d’affaires, reste sans réponse de la municipalité depuis octobre.

« Ce village n’a pas été capable d’absorber l’important flux de tourisme que nous avons créé. Le seul resto-dépanneur a fermé le mois dernier », plaide-t-il.

Selon lui, les élus manquent clairement d’expertise et de volonté politique.