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Le Canada salue l'exclusion de figures d'extrême droite sur Facebook

Agence QMI et Agence-France-Presse

Le réseau social Facebook a banni de sa plateforme, lundi, plusieurs groupes de la droite identitaire, dont les Soldats d’Odin, en plus de personnalités publiques considérées comme faisant partie de l’extrême droite.

Du lot, on retrouve l’ex-commentatrice de «Rebel Media» Faith Goldy. Elle s’était fait remarquer pour ses commentaires dans la foulée des manifestations d’extrême droite qui ont eu en 2017 à Charlottesville, en Virginie.

Mme Goldy avait pris part, en février, à un rassemblement de camionneurs pro-pipelines à Ottawa, dont plusieurs tenaient des propos anti-immigration. Le chef conservateur Andrew Scheer avait été critiqué par certains pour avoir participé  à la même manifestation.

Les libéraux fédéraux n’ont pas manqué de souligner l’ «affiliation» de M. Scheer à Faith Goldy, lundi.

«Nous demandons au chef de l’opposition de se distancer de ce type de rhétorique», a dit la ministre des Institutions démocratiques Karina Gould, en saluant la décision de Facebook de bannir la série d’individus et de groupes de la droite identitaire.

Sa collègue Bardish Chagger, leader du gouvernement en Chambre, a maintes fois souligné l’existence d’un micromessage qui démontrerait les liens de M. Scheer avec Mme Goldy.

Le Front nationaliste canadien, leur leader Kevin Goudreau ainsi que les groupes Wolves of Odin et Aryan Strikeforce ont aussi été exclus de Facebook.

Décision saluée

Le gouvernement canadien a salué la décision. «Nous avons vu des discours de haine alimenter l'attaque contre la synagogue à Pittsburgh, nous avons vu plus récemment des fidèles abattus à Christchurch. C'est réel et cela a des conséquences. Nous sommes très heureux que Facebook ait pris ces mesures», a réagi lors d'une conférence de presse le ministère canadien de l'Immigration, Ahmed Hussen.

«Au Canada, lorsqu'il s'agit de discours haineux, d'incitation à la violence, ce sont des choses que nous n'acceptons pas dans nos rues. Nous ne devrions pas les accepter sur les plateformes numériques non plus», a déclaré la ministre canadienne des Institutions démocratiques, Karina Gould.

La politique du réseau social américain sur les «organisations et individus dangereux» interdit la présence de groupes ou d'individus «qui attaquent des personnes en raison de caractéristiques telles que la race, l'appartenance religieuse, la nationalité, l'origine ethnique, le sexe, l'orientation sexuelle, la maladie ou le handicap», peut-on lire sur la page expliquant les règles de Facebook.

«Les personnes et les organisations que nous avons interdites aujourd'hui violent cette politique, et elles n'auront plus le droit d'être présentes sur nos services», a déclaré Facebook dans un communiqué obtenu par plusieurs médias. «Notre travail contre la haine organisée se poursuit et nous continuerons d'examiner les personnes, les pages, les groupes et le contenu en fonction de nos normes communautaires».