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La victime alléguée d’un coach talonnée par la défense

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Tout comme sur cette photo prise lundi au palais de justice de Montréal, l’entraîneur de gymnastique Michel Arsenault était accompagné de sa femme, mardi, pour son enquête préliminaire pour des agressions sexuelles alléguées.

Photo: Pierre-Paul Poulin, Journal de Montréal

Tout comme sur cette photo prise lundi au palais de justice de Montréal, l’entraîneur de gymnastique Michel Arsenault était accompagné de sa femme, mardi, pour son enquête préliminaire pour des agressions sexuelles alléguées.

Une des victimes alléguées d’un coach de gymnastique accusé d’agressions sexuelles se fait attaquer sur tous les fronts par la défense, qui tente par tous les moyens de miner sa crédibilité.

«Où avez-vous écrit la plainte? Quel est le nom de la personne de la police qui vous a contacté en 1998? Vous savez pourquoi vous rencontrez l’enquêteur? Ça a duré combien de temps?» ne sont que quelques questions posées sur un ton particulièrement agressif par l’avocate de la défense Roxane Hamelin à la victime alléguée de son client Michel Arsenault.

Arsenault, 57 ans, subit depuis lundi son enquête préliminaire pour des agressions sexuelles et de voies de fait qu’il aurait commis sur six athlètes mineures dans les années 90.

Dans son témoignage au palais de justice de Montréal, la première des plaignantes a raconté qu’à l’époque, elle rêvait de participer aux Jeux olympiques de Barcelone. Et pour arriver à son but, elle se devait d’avoir un entraîneur de haut niveau.

C’est pour cela qu’elle s’est inscrite au club de gymnastique où travaillait Arsenault, alors âgé dans le début trentaine. Sauf qu’au fil du temps, l’entraîneur aurait commencé à abuser de la jeune athlète, à répétition.

«Il me disait qu’il n’avait pas assez de sexe avec sa femme qui n’était plus aussi attirante alors que moi oui, avait expliqué la témoin maintenant âgée dans la quarantaine. Il me disait que je devais apprendre de la bonne façon, avec un adulte. Je sais que c’est complètement ridicule, mais je faisais ce qu’il disait.»

Confrontée

En contre-interrogatoire, Me Hamelin s’efforce à décrédibiliser la victime, soulignant les oublis de la témoin sur des détails, tels que les mots choisis dans des lettres qu’elle dit avoir écrites à l’époque.

Mais si cet exercice se fait habituellement dans le respect, celui-ci détonne par son agressivité.

L’avocate coupe la parole de la témoin, utilise un ton particulièrement sec, elle pose les questions les bras croisés, la tête haute, et les répète encore et encore. Par exemple pour comprendre pourquoi la plaignante n’avait pas fait de suivi après une première plainte en 1998.

«[Les agressions sexuelles] c’est quelque chose qu’on essaye d’oublier, a dit la témoin. J’avais tout à construire dans la vie, si je pouvais éviter ça, je l’évitais.»

Pour la défense, la témoin avait donc «changé d’avis», laissant ainsi entendre que la victime ne souhaitait plus poursuivre sa plainte. Malgré les dénégations de la témoin, la défense a continué à marteler ce «changement d’avis». Le ton est monté au point où la Couronne a dû intervenir.

«La témoin a répondu aux questions que [la défense] redemande de plein de façon», a lancé la procureure Sylvie Lemieux, visiblement exaspérée par l’exercice

La défense a toutefois continué, jusqu’à l’intervention de la juge Marie-Josée Di Lallo pour passer à un autre sujet.

Le contre-interrogatoire se poursuit, au palais de justice de Montréal.

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