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Les citoyens à faible revenu devraient miser sur le CELI plutôt que le REER

Emmanuel Martinez | Agence QMI

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De nombreux citoyens à faible revenu perdent de l’argent en privilégiant le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) plutôt que le compte d’épargne libre d’impôt (CELI), selon un rapport l’Institut de recherche en politiques publiques, publié mardi.

Selon ce document, les contribuables moins fortunés laissent de «l’argent sur la table» en négligeant le CELI.

Créé en 2009, le compte d'épargne libre d'impôt (CELI) avait notamment comme mission d’optimiser l’épargne pour la retraite des moins aisés, qui profitaient moins des réductions d’impôts liées aux contributions à un REER tout en étant pénalisés à leur retraite puisqu’une bonne partie de leur épargne enregistrée sera récupérée directement par le fisc et indirectement par une réduction de leurs prestations du Supplément de revenu garanti (SRG), prévu pour les aider.

«Comme on conseille rarement aux futurs bénéficiaires du SRG de délaisser leur REER, beaucoup continuent d’y cotiser inutilement», a affirmé l’auteur de l’étude, le statisticien d’Ottawa Richard Shillington, par communiqué, mardi.

Il souligne que les revenus de placement et les retraits effectués dans le CELI ont comme avantage de n’avoir aucune incidence sur le calcul des prestations ou des crédits fondés sur les revenus auxquels ont droit les moins nantis, ce qui n’est pas le cas avec le REER.

Par exemple, pour un retraité gagnant 16 000 $ annuellement en revenu de retraite, un retrait de 2000 $ de son REER réduira de 1000 $ sa prestation du Supplément de revenu garanti et sera imposé, ce qui ne lui laissera probablement que 500 $ dans les poches, soit le quart de son encaissement de départ, selon l’étude. Le même retrait de 2000 $ d’un CELI n’aurait aucune incidence fiscale et restera totalement dans le portefeuille du retraité.

Richard Shillington note que seulement 36 % des travailleurs sans régime de pension d’un employeur ont ainsi ouvert un CELI. Il demande donc à l’État de favoriser l’adoption du CELI chez les petits épargnants et d’apporter des modifications pour ne pas les pénaliser avec les encaissements du REER. D’autant plus, que le CELI profitera surtout à long terme aux gens très riches, d’après le rapport.