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Des scènes qui rappellent 1998

Magalie Lapointe et Stéphane Sinclair et Simon Dessureault | Journal de Montréal

Certaines tablettes des grandes surfaces de la Rive-Nord étaient presque vides mardi, surtout celles où devaient se trouver des génératrices, une scène de déjà-vu pour ceux qui se souviennent du grand verglas de 1998, même si les deux événements ne se comparent ni au plan de l’ampleur des dégâts ni des conséquences. 

Le bois de chauffage, les petits poêles au propane et autres équipements de camping manquaient aussi à l’appel, alors que des milliers de citoyens qui habitent la Rive-Nord étaient privés d’électricité depuis lundi. 

Dans un magasin visité, certaines tablettes dans les rayons de camping étaient carrément vides. 

Le Journal a contacté huit détaillants à grande surface en fin de journée mardi. Six n’avaient plus aucune génératrice. 

Il y a 20 ans, ce commerçant avait vendu presque toutes ses piles.

Photo d’archives

Il y a 20 ans, ce commerçant avait vendu presque toutes ses piles.

Un en avait en stock, mais la liste de réservation était bien longue. Un seul commerce avait une génératrice, mais pas pour bien longtemps, à en croire la commis. Les citoyens se sont précipités pour en acheter depuis lundi soir. 

Plusieurs s’attendaient toutefois à recevoir des commandes dans la nuit ou tôt mercredi matin. 

La Lavaloise Isabelle Côté a dû visiter plusieurs endroits avant de trouver du bois de chauffage, mardi. 

«Chaque année, on est prêts pour une panne éventuelle. Sauf... cette année. Nous n’avions aucune réserve [de bois]», lance-t-elle, tout sourire, en chargeant la marchandise enfin trouvée. 

En 1998, la pénuurie de génératrices avait duré plusieurs jours si bien qu’on avait assisté à la création d’un marché secondaire à gros prix qui avait fait scandale. 

Prises d’assaut 

Les Galeries Rive-Nord de Repentigny ont été prises d’assaut, mardi, par des citoyens paralysés par la panne d’électricité et en quête de nourriture. 

«C’est plus que le double de notre achalandage habituel», a confirmé la directrice marketing du centre commercial, Kathy Gingras, . 

Un couple de Mascouche formé de Pierre Brunelle et Jacqueline Latulippe, a d’ailleurs fait la route jusqu’aux Galeries Rive-Nord parce que les Galeries Terrebonne étaient fermées, à cause de la panne de courant. 

«C’est noir à Terrebonne, il n’y a pas d’électricité », a affirmé M. Brunelle. 

Nathalie Gravel et son neveu Alexis Brisson, de Repentigny, partageaient d’ailleurs leur table avec le couple de Mascouche parce qu’il n’y avait plus de places disponibles. 

Longues files pour faire le plein d’essence 

Une file d’attente mardi alors que le prix de l’essence était beaucoup plus bas.

photo collaboration spéciale, Stéphane Sinclair

Une file d’attente mardi alors que le prix de l’essence était beaucoup plus bas.

Autre scène connue : de nombreux citoyens des Laurentides se sont rués sur une des seules stations-service ouvertes de la région en quête d’essence pour leur génératrice. 

Plusieurs stations d’essence étaient fermées mardi, près de Boisbriand, en raison des nombreuses pannes électriques. 

Un Petro-Canada situé sur la Grande-Allée a vu défiler des centaines de véhicules tout au long de la journée. Si plusieurs y faisait le plein d’essence de leur véhicule, ils étaient aussi nombreux à remplir des bidons pour faire fonctionner leur génératrice à la maison. 

Une file d’attente en 1998.

Photo d’archives

Une file d’attente en 1998.

«On a beau avoir un poële à bois, ça ne nous donne pas d’électricité, a dit un citoyen qui n’a pas voulu s’identifier. J’ai une génératrice, ce qui me permet de conserver ma nourriture.» 

Certaines personnes ont mentionné qu’elles n’espéraient pas un retour du courant avant aujourd’hui. 

Des automobilistes préféraient ne pas prendre de chance, anticipant qu’il y ait davantage de stations-service fermées aujourd’hui. 

«Je suis sur la réserve [dans le rouge] et je ne voulais pas courir le risque», a dit Marie-Jeanne Gamache, de Boisbriand. 

Non, rien à voir avec le verglas de 1998 

Photo d’archives

Si Hydro-Québec qualifie la panne de cette semaine d’ «évènement majeur» puisque l’on compte plus de 100 000 clients sans électricité, elle est très loin des dommages causés par la crise du Verglas en 1998 (photo ci-dessous). À l’époque, trois tempêtes successives de verglas avaient recouvert le Québec d’un couvercle de glace. Près de 1,4 million de personnes avaient été privées de courant. Certaines ont dû atteindre un mois avant d’être rebranchés.