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Trudeau défend son projet de durcir le système des demandes d'asile

Agence France-Presse 

TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

Ottawa veut durcir sa législation pour interdire aux demandeurs d'asile dont la demande a été refusée dans un autre pays de tenter leur chance au Canada, une décision critiquée par des associations, mais défendue mercredi par Justin Trudeau.

Cette mesure, glissée dans un projet de loi budgétaire de 392 pages présenté lundi soir, fait suite à un afflux de demandeurs d'asile, notamment en provenance des États-Unis depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche.

«Nous reconnaissons que le monde est dans une situation où il y a beaucoup plus de demandeurs d'asile, beaucoup plus de migrations à travers la planète», a commenté le premier ministre, interrogé par la presse mercredi matin.

«Ma promesse aux Canadiens a toujours été de faire en sorte que notre système d'immigration fonctionne, que c'est appliqué de façon rigoureuse et ça va continuer de l'être», a ajouté M. Trudeau.

Le ministre de l'Immigration Ahmed Hussein a expliqué que cette mesure s'alignait sur des législations similaires en vigueur dans de nombreux pays développés. Elle devrait entraîner le rejet d'un millier de demandes d'asile supplémentaires chaque année, selon lui.

«Si vous pouvez demander l'asile dans un pays comme l'Australie, où la politique en la matière est solide, pourquoi pourriez-vous ensuite demander l'asile au Canada ? Ça s'appelle faire son marché et nous sommes contre. Et l'ONU est également contre», a-t-il plaidé.

Depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir début 2017, près de 40 000 demandeurs d'asile sont entrés illégalement au Canada en franchissant la frontière américaine, selon les statistiques officielles.

Le gouvernement libéral de M. Trudeau est régulièrement accusé par l'opposition conservatrice de mal gérer cet afflux d'immigrants en provenance des États-Unis. Cette question pourrait occuper une place importante dans le débat politique à quelques mois des élections législatives d'octobre.

Plusieurs défenseurs des réfugiés se sont insurgés contre ce projet de durcir la législation dans un pays réputé pour sa tradition d'accueil généreuse.

Le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR), qui regroupe une centaine d'ONG, a exprimé sa «profonde consternation».

«Si elles sont adoptées, ces dispositions exposeront de nombreuses personnes à un risque accru d'être refoulées vers la persécution, en violation des obligations internationales du Canada en matière de droits humains», a-t-il estimé dans un communiqué.