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Hausse des demandes d’admission en enseignement dans les universités francophones

Alain Laforest | TVA Nouvelles

Selon des données fournies par le ministère de l'Éducation, les neuf facultés universitaires qui offrent le baccalauréat en enseignement en français ont connu des hausses de demandes d'admission en mars dernier.

Des augmentations globales de 6% pour former des enseignants au préscolaire et primaire et de 7% pour le secondaire par rapport à 2018, ce qui représente un potentiel de 450 futurs enseignants pour l'ensemble des facultés d’ici quelques années

En entrevue à TVA Nouvelles, le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge sait qu'il doit composer avec une pénurie d'enseignants qui perdure depuis dix ans, mais parle maintenant de lueur d’espoir.

«On hérite d'un réseau mal en point, d'une profession dévalorisée et d'une pénurie régionale d'enseignants, c'est un défi. [...] Il n'y a pas juste de l'espoir dans les écoles, il va y avoir de l'espoir dans les facultés d'éducations et, pour moi, c'est un grand soulagement», s’enthousiasme Jean-François Roberge.

«On était dans une mauvaise situation, il y avait moins de candidats pour devenir enseignant et plus d'élèves. On s'en allait dans le mur, il faut se le dire», affirme sans ambages le ministre de l’Éducation.

L'UQAM a connu la plus forte augmentation, soit 10% au préscolaire et primaire, 14% au secondaire. Un signe plus qu’encourageant pour la doyenne de la faculté d’éducation Monique Brodeur.

«Depuis 10 ans, on observait une diminution année après année. Cette année, il y a un regain de demandes d'admission. Il y a un signal très clair comme quoi l'éducation c'est la priorité pour la société», dit-elle.

La doyenne va plus loin. Tout en soulignant des perspectives d’emplois intéressantes, elle remarque un changement dans l'attitude des jeunes.

«On l'a vu dans les dernières années comment les jeunes au Québec veulent vraiment un monde meilleur. Ils veulent développer une société qui est vraiment meilleure, peut-être un peu comme on sentait cet engouement dans les années 67, quand c’était l’année de l’amour, l’année de l’expo. Je pense qu’on assiste actuellement à ce phénomène où les jeunes veulent s’engager concrètement. S’engager en éducation, c’est une perspective qui est très aidante pour la société», conclut la doyenne Brodeur.

Un peu de patience

Le ministre Roberge est conscient que les futurs enseignants ne seront pas en classe la semaine prochaine et qu’il y a toujours une urgence de former des maîtres. Le ministère de l’Éducation prévoit une augmentation de 20% des élèves au secondaire d'ici 2029.

«Je sais bien que ça prend quatre ans quand même former un prof, on a plusieurs mesures pour contrer cette pénurie, cette rareté d'enseignants. La première, ça va être le salaire. L'an prochain, il y a une négociation et on s'est déjà engagé à mieux valoriser financièrement le travail des enseignants, surtout pour les jeunes enseignants à l'entrée», affirme le ministre.

Il espère aussi que ce changement de ton va inciter les retraités à revenir dans les écoles. «Il y a plusieurs centaines d'enseignants qui ont quitté la profession qui peuvent revenir l'an prochain, on les accueillera avec grand plaisir», conclut le ministre.