/news/politics

Éthique au Sénat: une réforme nécessaire, dit Julie Miville-Dechêne

Agence QMI

Le Sénat doit renforcer son Code d’éthique afin d’augmenter la confiance du public, estime la sénatrice indépendante Julie Miville-Dechêne, dans la foulée de la décision du conseiller en éthique du Sénat concernant André Pratte.

Mme Miville-Dechêne est d’avis que le fait que les sénateurs puissent occuper un deuxième emploi les met davantage à risque de conflit d’intérêts. Elle a rappelé que selon les règles actuelles, un sénateur peut avoir un deuxième emploi.

«Il y a plusieurs sénateurs qui sont membres de conseils d’administration, qui sont dans les affaires, qui sont juristes et qui pratiquent un autre métier, à temps partiel, selon différentes heures et le Code d’éthique actuel permet ce double emploi, à condition qu’un certain nombre de règles soit respecté», a-t-elle fait savoir, samedi, en entrevue à LCN.

«On étudie en ce moment une réforme du Code d’éthique, et sur ces questions-là, je crois qu’il faut qu’il y ait des discussions», a-t-elle expliqué.

En utilisant son bureau de Power Corporation dans le cadre de ses fonctions politiques, le sénateur André Pratte s’est placé en situation d’apparence de conflit d’intérêts, a statué le conseiller en éthique du Sénat. Le sénateur s’en est excusé.

L’ex-éditorialiste avait demandé une enquête sur sa situation, après que notre Bureau d’enquête eut révélé qu’il avait reçu 13 fois des invités dans son bureau montréalais de la multinationale Power Corporation du Canada (PCC) à titre de sénateur.

«Oui, il a commis une erreur. Il s’est excusé rapidement», a fait savoir Julie Miville-Dechêne samedi, précisant que M. Pratte «n’était pas en conflit d’intérêts, mais l’apparence de conflit d’intérêts dans une position qui exige la confiance du public, évidemment, c’est une erreur, et il l’a admise».

Elle a d’ailleurs salué la transparence de ce dernier. «Il a pris la décision lui-même de publier la décision du conseiller à l’éthique, et ça, il n’avait pas l’obligation de le faire», a noté l’ancienne présidente du Conseil du statut de la femme du Québec et ancienne Ombudsman de Radio-Canada.

Pour la sénatrice, le Code d’éthique doit absolument être réformé afin qu’il «corresponde à ce que la population s’attend des sénateurs».

Elle a rappelé également la controversée question des voyages des sénateurs payés par des pays étrangers, également permis par le Code d’éthique.

«De mon point de vue, il faut réfléchir à tout cela, et je dois vous dire que je pousse à l’intérieur du Sénat pour que ça se fasse et il y a plusieurs autres personnes aussi qui pensent qu’il faut des reformes à ce chapitre-là», a-t-elle souligné.

Dans la même catégorie