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Ottawa supprime une référence à l'extrémisme sikh dans un rapport sur le terrorisme

Agence France-Presse 

MATTHEW USHERWOOD/AGENCE QMI

Le gouvernement fédéral a modifié une formulation dans un rapport sur le terrorisme pour supprimer une référence à «l'extrémisme sikh».

La publication, en décembre 2018, du «rapport public sur la menace terroriste pour le Canada» avait suscité la colère de l'importante communauté sikh au Canada, car il citait pour la première fois «l'extrémisme sikh» parmi les principales menaces terroristes contre le Canada.

Le ministre de la Sécurité publique avait alors indiqué qu'il demanderait un réexamen de certaines formulations du rapport en soulignant qu'il ne fallait «jamais associer une communauté en particulier ou des religions entières à l'extrémisme».

Dans une mise à jour, publiée vendredi soir sur son site, le ministère de la Sécurité publique indique qu'il utilisera désormais la formule: «extrémistes qui préconisent la violence pour établir un état indépendant à l'intérieur de l'Inde plutôt qu'une terminologie qui attaque involontairement une religion entière».

Le rapport note désormais que «certaines personnes au Canada continuent de préconiser la violence pour établir un état indépendant à l'intérieur de l'Inde», tout en soulignant que les «activités violentes sont affaiblies depuis leur sommet atteint au cours de la période de 1982 à 1993».

«L'attentat à la bombe commis contre (un) avion d'Air India en 1985 qui a tué 331 personnes demeure le complot terroriste le plus meurtrier jamais lancé au Canada», rappelle le rapport.

Quelques heures après la publication de cette mise à jour, le premier ministre Justin Trudeau qui affrontera des élections en octobre prochain, a participé samedi à une cérémonie dans un grand temple sikh de Vancouver. Il a prononcé une brève allocution dans laquelle il a vanté les valeurs de justice sociale de la communauté sikh et souligné que celle-ci «enrichit et renforce notre pays».

La communauté sikh au Canada est forte d'environ un demi-million de personnes et le gouvernement de M. Trudeau compte plusieurs ministres sikh.