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«Pingouins»: Disney sur la terre des manchots Adélie

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Afin de fêter ses 10 ans et en l’honneur du Jour de la Terre, Disneynature a décidé de s’intéresser à un amusant manchot Adélie prénommé Steve. Voici 10 choses à savoir de cette nouvelle production animalière pour les amoureux de la nature.

– Pour ce huitième long métrage produit sous la bannière Disneynature, les studios ont confié la réalisation à Alastair Fothergill et Jeff Wilson. Le premier est un habitué de cette série puisqu’il y s’agit de sa quatrième collaboration. Le second a plusieurs documentaires animaliers à son actif, que ce soit comme réalisateur ou producteur.

– Le manchot Steve, sujet principal du documentaire, a cinq ans, mesure 60 centimètres et pèse 6,8 kilos. Au début du film, fin septembre, il vient de marcher plus de 160 kilomètres pour revenir à l’endroit de sa naissance. Là, il construit un nid afin d’attirer une femelle et de commencer à fonder une famille. C’est une femelle appelée Adeline qui choisira Steve et les deux manchots se courtiseront lors d’une véritable danse de l’amour! Pour le photographe Rolf Steinman, «ils m’ont fait penser à deux adolescents timides amoureux l’un de l’autre. Ils ont passé beaucoup de temps à se regarder. J’ai filmé ce rituel pendant deux jours.» Adeline pond ensuite deux œufs. «Steve doit aller chercher de la nourriture en mer pour nourrir les oisillons. C’est un travail très exigeant qu’il accomplit seul au début. Mais comme les bébés grandissent, Adeline rejoint Steve, laissant les oisillons seuls. Ils rejoignent alors 10 ou 20 autres poussins dans une espèce de crèche conçue pour les défendre d’oiseaux prédateurs qui tentent de voler les œufs au début du film, et plus tard, de s’emparer des poussins», a détaillé Alastair Fothergill.

– «Nous avons passé trois ans à filmer entre octobre et février, qui sont les mois d’accès à l’Antarctique avant que l’hiver gèle l’eau de mer et que le soleil se couche pendant six mois», a expliqué le réalisateur Jeff Wilson.

– Dernier continent à avoir été découvert, l’Antarctique est un lieu peu hospitalier qui ne possède que deux saisons, l’été et l’hiver. En hiver, les températures peuvent atteindre les moins 80 degrés Celsius. Les équipes de tournage ont accédé aux lieux fréquentés par les manchots à partir de quatre bases, accessibles uniquement en bateau ou en avion. Cap Crozier, par exemple, une zone protégée, est l’un des endroits les plus venteux de ce continent grand comme l’Europe. La base française Dumont d’Urville, elle, abrite 30 scientifiques tout au long de l’année. La base Esperanza, située dans la Baie de l’Espoir, est une station de recherche argentine. L’équipe de production la plus importante était basée sur le Hans Hansson, un bateau d’exploration.

– Afin de filmer les manchots, l’équipe a développé un système appelé la «penguin cam», une caméra montée sur un support précisément adapté à la taille de ces oiseaux.

– La découverte de l’animal devenu Steve a été le fruit du hasard, ainsi que l’a raconté Didier Noirot, responsable des prises de vue aquatiques et basé à Dumont d’Urville. C’est au bout de deux semaines d’attente qu’un manchot pas comme les autres est apparu. «Il n’y avait que quelques manchots Adélie, mais l’un d’entre eux était très sympathique. Chaque fois que nous arrivions, il semblait reconnaître le bruit de notre véhicule. Il se pointait et restait près de nous au point que nous pouvions filmer tout ce dont nous avions besoin. Je dois dire que nous avons eu beaucoup de chance.»

– L’équipe de «Pingouins» a également filmé les léopards de mer. «Le grand drame de notre film est quand les oisillons s’aventurent hors du nid. La glace brisée remplit la baie, alors ils ont du mal à se frayer un chemin à travers la glace. Sous elle se cachent des léopards de mer, d’étonnants prédateurs aux dents terrifiantes qu’il est presque impossible d’éviter. Ils peuvent attraper entre 40 et 50 bébés manchots par jours!», a détaillé Alastair Fothergill.

– Le caméraman Doug Anderson a filmé les interactions entre les léopards de mer et les manchots. «Les léopards n’avaient pas vraiment faim, mais continuaient à chasser. Nous avons remarqué que les jeunes manchots jouaient au mort dans l’espoir que les prédateurs partiraient s’ils arrêtaient de bouger.»

– Les équipes se sont rendues près des colonies de manchots en hélicoptère... avec tout leur équipement.

– «Travailler au milieu de 500 000 manchots en train de crier, dans un ensoleillement qui dure 24 heures, pendant des journées de travail qui durent 30 heures (parce qu’on le peut), en transportant plus de 25 kilos d’équipement avec des températures qui plongent jusqu’à moins 25 degrés Celsius est très difficile mentalement», de souligner Jeff Wilson.

«Pingouins» arrive en salle dès le 17 avril.