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Des dizaines de militaires sur le terrain pour une simulation médicale

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

L’armée et des intervenants d’urgence ont vécu une simulation très réaliste d’un incendie de grande ampleur hier matin à Montréal afin d’être prêts à faire face à n’importe quelle catastrophe.

« C’est pas mal le chaos, illustre le Dr William Bérard, étudiant de quatrième année du Programme de médecine d’urgence spécialisée de l’Université de Montréal. Tu as peu de temps pour évaluer les patients selon leurs différents symptômes. Les ressources pour les soigner sont limitées. Tu dois garder la tête froide pour prendre les bonnes décisions. Le réalisme de tout ça nous aide à nous préparer si jamais ça arrive pour vrai. »

 

Lui et 18 autres médecins résidents en ont vu de toutes les couleurs en travaillant de concert avec 70 militaires des Forces armées canadiennes.

Le groupe a pris en charge des citoyens blessés dans un scénario fictif d’un important feu de forêt survenu en Haute-Mauricie.

Des blessés par dizaines

Des grands brûlés, des gens intoxiqués par des vapeurs nocives, d’autres souffrant de fractures ouvertes ne sont que quelques exemples des cas auxquels ils ont dû faire face.

Le Journal a eu un accès illimité à la simulation de grande ampleur, où les locaux de l’Hôtel-Dieu de Montréal, sur la rue Saint-Urbain, ont été réquisitionnés pour l’exercice.

Pleurs et cris de douleurs des comédiens ont résonné pendant quelques heures dans les corridors de l’hôpital, où les faux blessés, joués par des étudiants en médecine, débarquaient par dizaines.

Des tentes militaires avaient été installées à l’extérieur afin de faire office de centre de triage, où les victimes étaient traitées en fonction de leur priorité et de la gravité de leurs blessures. La plupart étaient stabilisées pour être ensuite transférées à l’intérieur pour être vues par des spécialistes.

Faire des choix

« Ça force les résidents à faire des choix qu’ils n’ont pas à effectuer dans la vie de tous les jours, explique le directeur du Programme, le Dr Pierre Desaulniers. Il y avait certains patients pour lesquels il n’y avait pas d’espoir. C’est un challenge pour eux. Ils sont obligés de s’adapter. »

Un des nombreux défis pour les résidents en médecine était de pouvoir collaborer adéquatement avec le personnel militaire afin que les victimes puissent être traitées le mieux possible.

Environnement hostile

« Il fallait apprendre rapidement à se connaître et à communiquer pour que les manœuvres puissent être faites. Il faut s’assurer d’être clairs pour être compris, et dans un environnement sous pression, ce n’est pas nécessairement évident », fait valoir William Bérard.

« Pour les Forces armées, c’est une super occasion de se préparer à être déployé dans n’importe quelle situation, soutient le lieutenant-colonel Jean Cournoyer. Plus on fait de simulations, mieux on va réagir si la situation survient dans la réalité. C’est la population qui en bénéficie en fin de compte. »

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