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Des futures mamans épiées par des applications

TVA Nouvelles

Certaines applications de suivi de grossesse partagent les informations recueillies, une pratique que déplore un expert en sécurité informatique.

Ces applications en question permettent aux futures et nouvelles mamans de consigner les informations se rapportant à leur grossesse ou à leur cycle menstruel, si elles tentent de procréer. Date prévue d’accouchement, prise de poids, médication, historique de fausse couche ou de grossesse à risque : tout peut y être enregistré.

Le Washington Post rapportait plus tôt cette semaine que des applications, notamment Ovia, permettent à des employeurs de payer pour avoir accès à des profils, anonymisés. On plaide que ces données permettent aux employeurs de réduire les primes d’assurance-maladie et mieux planifier les besoins en ressources humaines pour les prochains mois.

Anonymat imparfait

En entrevue au Québec Matin, sur LCN, le spécialiste Steve Waterhouse reconnait que ces applications sont pratiques pour la future mère et pour son médecin. Mais l’anonymat n’est jamais complet.

«Il est facile de recouper l’information qui a été ramassée par une compagnie et on peut faire un profil complet, soulève-t-il. Des grandes compagnies, dont des compagnies d’assurance, sont très intéressées à aller faire ce recoupement-là, et plus tard, on va se faire harceler avec de la publicité ciblée.»

Et ces informations peuvent être utilisées maintenant, mais aussi dans 5 ans, quand l’enfant entrera à l’école, et au fil des années.

L’expert craint aussi que des employeurs se servent de ces informations contre ses employées, par exemple dans l’attribution de promotions.

Vie privée

Et ces données vont souvent outre-frontière, là où les compagnies établies, que ce soit en Europe, aux États-Unis ou ailleurs.

«C’est sous les lois de ces pays-là que l’information peut être exploitée ou protégée», mentionne M. Waterhouse.

En mettant le minimum d’infos personnelles, on aura un minimum d’impact sur notre vie privée, mais les applications en demandent de plus en plus.

La solution? Revenir au bon vieux papier et au crayon...

«Si les parents veulent garder privée leur vie privée, il est fortement conseillé de garder ça dans un petit carnet conventionnel», lance-t-il.

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