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Manifestations contre le projet de loi 21 à Montréal

Amélie St-Yves | Agence QMI 

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche, à Montréal, lors de deux rassemblements distincts contre le projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault.

Plus de 200 personnes ont d’abord manifesté en matinée à Côte-Saint-Luc, dans l'ouest de l'île de Montréal, où les organisateurs ont évité de parler des propos controversés du maire d’Hampstead William Steinberg, qui brillait par son absence.

Le maire de l’endroit, Mitchell Brownstein, qui agissait à titre de maître de cérémonie, a refusé de revenir sur les propos controversés du maire d’Hampstead, William Steinberg.

Ce dernier avait comparé le projet de loi à une forme de «nettoyage ethnique» pacifique il y a une dizaine de jours, et a refusé de s’excuser depuis.

 

«On discute aujourd’hui des problèmes de la loi et on va de l’avant. On ne parle plus de ça», a répété le maire Browstein.

Le maire Steinberg devait initialement prendre la parole dimanche, mais brillait par son absence, qu’il avait préalablement annoncée de peur d’attirer toute l’attention sur lui.

Certains manifestants étaient toutefois ouverts à discuter de la question, dont Bryna Gartenberg, dont le défunt conjoint était un survivant de l’holocauste. Elle est en accord avec les propos de Steinberg.

«C’est très important pour moi de dire que ce qui se passe actuellement indique que nous ne sommes pas désirés [au Québec]», a dit la professeure d’histoire retraitée.

De passage à Montréal en fin de journée, le premier ministre François Legault s’est dit certain que le débat allait se poursuivre dans le respect. Il a ajouté qu'il n’est «pas impossible» que le projet de loi soit ajusté.

«Je pense que la position qu’on a défendue est déjà une position de compromis», a-t-il cependant dit.

Autre manifestation en après-midi

D'autres opposants au projet de loi sur la laïcité se sont donné rendez-vous au parc Émilie-Gamelin en après-midi, dimanche, en vue d'une marche visant à dénoncer les impacts de la loi.

Sur place, plusieurs organismes et militants dénonçaient le projet de loi. Deux femmes musulmanes souhaitant devenir professeure ont, ainsi, dénoncé en entrevue à TVA Nouvelles être obligés de devoir faire un choix entre le port du hijab et leur profession.

Le philosophe Charles Taylor, qui avait coprésidé la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, a donné son appui aux manifestants. Selon lui, le projet de loi n'est pas modéré, comme le soutien le gouvernement Legault.

«S'il y a une personne qui est visée, ce n'est pas modéré. [...] Pour les droits humains, ça doit être universel. Une personne, c'est trop. C'est pour tout le monde ou c'est pour personne», a-t-il affirmé en point de presse.

«Pour nous défendre, il faut une solidarité indéfectible, que tout le monde se mette derrière pour combattre ça. C'est pour ça que je suis ici», a-t-il poursuivi.