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Prêts à tout pour survivre s’il y a une catastrophe

Hugo Duchaine - Le Journal de Montréal

HUGO DUCHAINE

Trop de Québécois ne sont pas préparés à faire face à une coupure électrique de quelques jours, déplorent des experts en survie, découragés que des citoyens aient été pris au dépourvu pendant les pannes de la semaine dernière.

« Notre qualité de vie [le réseau électrique] tient sur des épinettes. Un bon coup de vent et tout va tomber [...] S’il y a un bris électrique, veux-tu te retrouver au Stade olympique avec 150 000 personnes ? Moi, non », tranche Benoît, un survivaliste qui se considère comme l’un des mieux préparés au Québec.

Il tait son nom de famille, car son domaine dans les Laurentides attirerait la convoitise en cas de catastrophe, selon lui. Génératrice de 30 000 watts, potager, poules, lapins, médicaments, réserves immenses de nourriture et armes à feu, il ne lui manque rien pour survivre des mois.

Qualité de vie

Pour lui, c’est une « assurance qualité de vie » puisqu’il est convaincu qu’un événement majeur surviendra un jour.

« S’équiper à l’extrême, ça coûte cher, reconnaît-il, mais s’équiper de base, c’est un coût modique. Ça évite le chaos », résume-t-il, croyant que les pannes de courant des derniers jours auront « réveillé » plus d’un résident.

« J’ai vu la détresse dans les yeux [de sinistrés] », dit l’homme d’affaires dans le milieu de la rénovation.

Trop peu de gens sont véritablement prêts, selon lui. « Ils pensent qu’ils le sont, parce qu’ils ont une génératrice, par exemple, mais ils n’ont pas assez d’essence, pas de réserve d’eau, pas beaucoup de nourriture ou d’argent liquide », énumère-t-il.

« Je trouve ça aberrant que le citoyen de base ne soit pas préparé, n’ait pas le matériel nécessaire pour faire face à une coupure de courant », s’étonne Mathieu Montaroux, un Montréalais qui a fondé Québec Preppers, un site web donnant des conseils de survie en milieu urbain.

Il croit que trop de personnes se fient à l’aide du gouvernement ou de l’armée, que ce soit pour une coupure électrique, une inondation ou un feu de forêt. « C’est la responsabilité du citoyen », lance à son tour Éric Lemay, qui a fondé l’entreprise Plan B solutions, en prévention et sécurité. Si les gens se prennent en main, estime-t-il, les autorités pourront « se concentrer sur ceux qui en ont vraiment besoin », comme les aînés vulnérables.

« Les gens devraient reconnaître que l’électricité peut arrêter. Tout le monde est vulnérable », renchérit Mathieu Hébert, fondateur de l’école de survie Les Primitifs.

Pas si difficile

Cette semaine, Christophe Éthier à Boisbriand a passé 54 heures sans électricité.

« Honnêtement, ça n’a pas été difficile », dit-il.

Sa conjointe et lui se sont limités à la cuisine et à la chambre à coucher. Ils ont fait brûler des chandelles pour se réchauffer et utiliser un petit poêle au propane de camping pour cuisiner, juste à côté du détecteur de monoxyde de carbone.

« On ne peut pas se préparer pour tout », conclut Éric Lemay, mais il estime que les Québécois devraient être en mesure « d’amortir le coup ».

Argent comptant

Aucune trousse de survie n’est complète sans de l’argent comptant, estiment les experts. Sans électricité, les cartes de crédit et de débit deviennent inutiles. Éric Lemay, de l’entreprise Plan B solutions, suggère d’avoir au moins 300 $ sur soi. « Assez pour un plein d’essence et une épicerie », dit-il.

Prêt à tout, le survivaliste Benoît croit quant à lui qu’une somme de 1000 $ de côté est plus sécuritaire.

Poêle à fondue

Les génératrices ou les poêles de camping peuvent être très pratiques lors d’une panne de courant. Par contre, une famille prise au dépourvu pourrait se tourner vers son poêle à fondue, donne en exemple Mathieu Hébert, de l’école Les Primitifs.

Les combustibles pour fondue sont déjà approuvés pour l’intérieur et ils peuvent dépanner, souligne-t-il.

Il suffit avant tout d’avoir un plan, dit-il.

L’essayer en famille

Pourquoi ne pas essayer de vivre sans électricité de 24 à 48 heures pour voir ce dont nous avons besoin, propose Mathieu Hébert, de l’école de survie Les Primitifs.

« On l’essaye quand on n’est pas stressé et qu’on peut rallumer les lumières n’importe quand », souligne-t-il, y voyant la façon idéale de réaliser ce dont une famille a besoin pour survivre et voir quelles sont les vulnérabilités.

Il est aussi possible de voir quelle nourriture les enfants préfèrent.

Votre trousse devrait contenir...

Ces sept premiers articles. Ils vous permettront de subsister pendant les trois premiers jours d’une situation d’urgence, selon la Sécurité publique.

♦ Radio à piles (avec piles de rechange)

♦ Eau potable (deux litres par personne par jour)

♦ Trousse de premiers soins (antiseptiques, analgésiques, bandages adhésifs, compresses de gaze stériles, ciseaux, etc.)

♦ Briquet ou allumettes et chandelles

♦ Ouvre-boîte manuel

♦ Lampe frontale ou de poche (avec piles de rechange ou lampe à manivelle)

♦ Nourriture non périssable pour cette durée

On peut également ajouter

- Masques anti-poussières pour filtrer l’air contaminé

- GPS

- Boussole

- Lunettes de soleil et écran solaire

- Canif

- Petit coffre à outils

- Sac à dos

- Tente, sac de couchage, matelas de sol

- Réchaud, combustible et ustensiles de cuisine

- Articles de toilette

- Médicaments en vente libre (antihistaminique, ibuprofène, acétaminophène, etc.)

- Médicaments d’ordonnance (prescrits par votre médecin)

- Sacs à ordures

- Bottes de randonnée pédestre

- Vêtements imperméables

- Vêtements de rechange

- Jeu de cartes, livres, revues

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