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Front commun des élus montréalais contre le projet de loi sur la laïcité

Elsa Iskander

 - Agence QMI

Les élus municipaux montréalais ont fait front commun pour manifester leur opposition au projet de loi sur la laïcité de l’État, dans ce qui a été qualifié de «moment historique» à la fois par la mairesse Valérie Plante et le chef de l’opposition officielle Lionel Perez.

Une déclaration «réitérant la laïcité institutionnelle de Montréal et la liberté religieuse des individus» a été adoptée lundi au conseil municipal. «Le sujet nous a amenés à mettre de côté nos différends pour parler d’une seule et même voix, parler des valeurs qui sont chères aux Montréalais et Montréalaises», comme l’inclusion, la solidarité et l’ouverture, a fait valoir la mairesse.

«Nous sommes donc unis aujourd’hui autour de cette déclaration pour réaffirmer une vision d’une laïcité ouverte qui respecte la liberté religieuse des individus», a dit M. Perez.

Avant le début de la séance du conseil municipal, Mme Plante, flanquée de M. Perez et de deux conseillers de la ville, a indiqué qu’il s’agissait d’un «moment historique» puisqu’il «est arrivé très peu de fois où tous les élus ont parlé d’une même voix».

Via la déclaration, la Ville réaffirme son attachement à la «laïcité ouverte», ainsi que son «soutien indéfectible» à tous ses employés, peu importe leurs convictions religieuses. «Aucun homme, femme ou enfant ne devrait vivre dans la peur ou l’incertitude au sujet de son emploi ou de sa place dans la société montréalaise parce qu’elle ou il choisit de pratiquer sa religion», a fait valoir Mme Plante, rappelant que le débat doit se faire «dans le respect, sans insultes personnelles, ni dérapages».

Le projet de loi sur la laïcité risque de nuire à la réputation internationale de la métropole, ont également soutenu Mme Plante et M. Perez.

«Ma kippa n’est pas un affront»

«Ma kippa n’est pas un affront à la laïcité», a déclaré M. Perez au conseil municipal, assurant qu’elle ne nuit pas à son impartialité. «Je suis Québécois autant que tout le monde», a-t-il lancé, visiblement émotif, avant d’être chaudement applaudi. Selon lui, le projet législatif n’est pas «modéré» comme l’affirme le premier ministre François Legault, et il «brise le contrat social» entre l’État et les citoyens.

«Montréal revendique le droit à la différence», a déclaré M. Perez, soulevant «l’ironie» d’une loi visant «principalement Montréal», une ville n’en ayant pas besoin, selon lui. Si Montréal n’est pas représentative du Québec au complet, il n’en demeure pas moins que quatre millions de personnes résident dans la RMR de Montréal, soit «la moitié de la population du Québec», a noté Mme Plante.

La mairesse ne s’est pas avancée sur l’éventuelle application de la loi par Montréal, soulignant qu’elle défendra sa position lors des consultations au Parlement. L’inclusion de la clause dérogatoire dans le texte est une source de frustration pour des gens, dit-elle.

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