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Le CRTC critiqué pour son inaction

TVA Nouvelles

Un ancien directeur de la programmation de Radio-Canada critique l'inaction du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

«Si on est assis sur la clôture à regarder ce qui se passe, demain matin, on va être à la merci des grandes multinationales étrangères», met en garde Claude Bédard, qui a aussi œuvré chez Télé-Québec.

«Je comprends les gens de Québecor de dire qu'il faut trouver un autre modèle», s'exclame M. Bédard.

À l'heure actuelle, le diffuseur conteste les règles de financement du CRTC qui mettraient en péril les chaînes spécialisées du Groupe TVA. Ces règles accordent notamment un privilège historique à des chaînes de Bell, comme RDS, qui reçoivent une plus importante part des redevances.

«La distribution et la diffusion canadiennes sont les grands perdants (du système actuel)», souligne M. Bédard.

La montée des géants du web, comme Netflix, bouleverse l'écosystème médiatique mondial. L'ancien cadre de Radio-Canada estime donc qu'il est urgent que l'autorité réglementaire imagine des solutions pour assurer le financement des producteurs de contenu québécois.

«Quel est le modèle parfait? Il n'existe pas présentement» laisse-t-il tomber.

Un problème mondial

Il n'y a pas qu'au Québec où les chaînes spécialisées se battent pour leur survie. En France, le diffuseur Altice, propriétaire de la chaîne de nouvelles en continu BFMTV, a coupé son signal au télédistributeur Free le 5 avril dernier. Altice jugeait l'offre de redevances de Free (6,5 millions d'abonnés) largement insuffisante.

«Les groupes de télévision traditionnelle ont besoin d'avoir davantage de ressources et de leviers de croissance, pour pouvoir investir en programmation. C'est le nerf de la guerre pour concurrencer les géants comme Netflix», souligne Cyril Lacarrière, journaliste économique pour le quotidien français L'Opinion.

En France, la maison-mère de BFM accuse le distributeur Free de «discrimination» et a saisi les autorités réglementaires du dossier. Free estime pour sa part que les chaînes du groupe ne valent pas les 5 millions d'euros demandés.

L'Assemblée nationale unanime

Québecor exprimera ses revendications devant le CRTC mercredi à Gatineau. La semaine dernière, les élus de l'Assemblée nationale ont adopté une motion unanime pour demander une réforme du CRTC.

«Si on veut que nos artisans de la télé puissent continuer de produire du contenu fait ici, chez nous, il faut absolument que les règles du CRTC soient modernisées rapidement», souligne la députée indépendante Catherine Fournier, l'auteure de la motion.