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Le meurtrier qui a changé de sexe ira dans une prison pour femmes

Claudia Berthiaume

 - Journal de Montreal

Un juge a ordonné lundi que les services correctionnels transfèrent un meurtrier qui a changé de sexe dans un établissement pour femmes, malgré un haut risque d’évasion.

Le tueur John Boulachanis, devenu Jamie l’automne dernier, devra quitter le pénitencier à sécurité maximale de Donnacona pour un centre de détention pour femmes, n’en déplaise au Service correctionnel du Canada (SCC), a tranché le juge Sébastien Grammond.

Gros préjudice

«Bref, même si le transfert de Mme Boulachanis dans un établissement pour femmes entraînera des inconvénients pour le Service, je suis d’avis que ces inconvénients ne sont pas suffisamment importants pour contrebalancer le préjudice que subit Mme Boulachanis en raison de la situation actuelle [qualifiée de discriminatoire]», a statué le magistrat de la Cour fédérale lundi.

Jamie Boulachanis purge présentement une peine de prison à vie pour le meurtre prémédité de Robert Tanguay, commis en 1997 dans une sablière de Rigaud.

La femme de 45 ans n’a été condamnée qu’en décembre 2016, puisqu’elle a fui aux États-Unis pendant une douzaine d’années sous de fausses identités avant que les autorités ne lui mettent le grappin dessus.

Pendant sa détention préventive, elle a tenté de s’évader en sautant d’un fourgon cellulaire, à Salaberry-de-Valleyfield, à l’aide de lames métalliques dissimulées dans ses cavités corporelles.

La détenue vivant avec une dysphorie de genre a commencé l’hormonothérapie en janvier et veut avoir une chirurgie de changement de sexe.

Risque d’évasion élevé

Dans l’intervalle, elle demandait à être emprisonnée dans n’importe quel pénitencier pour femmes, ce que le SCC refusait jusqu’à présent en invoquant des raisons de sécurité.

Le risque d’évasion de Mme Boulachanis et son risque pour la sécurité du public sont évalués à «élevé».

Lors de l’audience téléphonique qui s’est tenue la semaine dernière devant la Cour fédérale, le procureur général a même plaidé qu’aucune des quelque 700 femmes incarcérées au Canada actuellement n’était aussi dangereuse qu’elle.

Le juge Grammond convient que des mesures particulières devront être prises dans son cas, mais rien qui entraînerait des difficultés excessives ou des coûts exorbitants, a-t-il noté.

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