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Le prix de l’asphalte grimpe de 50%

Dominique Cambron-Goulet

La Ville de Montréal paiera beaucoup plus cher pour faire boucher les nids-de-poule cette année. La hausse du prix du bitume a fait augmenter de près de 50 % le prix de l’asphalte, a constaté notre Bureau d’enquête.

Depuis deux ans, la Ville dépensait chaque année 2,7 M$ pour acheter l’asphalte nécessaire au colmatage de nids-de-poule et au revêtement d’urgence. Cela représentait 63 $ la tonne.

Cette année, les prix explosent. Le Conseil municipal doit autoriser aujourd’hui une entente qui prévoit que les coûts annuels passeront à 4,5 M$. Un coût moyen de 92 $ la tonne.

Cher la tonne

L’asphalte est composé à 95 % de roche et à 5 % de bitume. C’est la hausse du prix de ce deuxième ingrédient qui est responsable de la flambée des coûts de l’asphalte.

Le directeur technique chez Bitume Québec, Florian Lafage, rappelle qu’à la fin 2016, une tonne de bitume coûtait 358 $, alors qu’à la fin 2018, c’était 891 $.

« On est très affectés dans le nord-est de l’Amérique du Nord, souligne-t-il. À cause de tout ce qui se passe au Venezuela, on n’a plus de bitume de ce pays. »

L’ingénieur de Bitume Québec, une association qui regroupe les entreprises en l’asphaltage dans la province, explique que le prix de la main-d’œuvre n’a pas augmenté, mais que la compétition est très rude dans le domaine.

Le responsable des infrastructures dans l’administration Plante, Sylvain Ouellet, reconnaît que la hausse de coûts est « importante ». Mais il tempère l’impact que cela peut avoir à la grandeur de la Ville.

« Le contrat est surtout pour les nids-de-poule et non pour la grosse saison des chantiers. Quand on refait des rues, c’est l’entrepreneur qui fournit l’asphalte, et sur les grands chantiers, la hausse du prix du bitume n’est pas si significative », plaide M. Ouellet.

Hausse «importante»

En août dernier, la Ville de Québec avait reporté 133 chantiers à cause de la hausse du prix de l’asphalte. La Ville de Mont­réal n’a pas l’intention d’imiter la capitale nationale.

« Les contrats de planage sont même octroyés sous l’estimation de la Ville parce qu’il y a beaucoup de compétition. Ce n’est pas si important que l’on pourrait croire [en regardant le prix de l’asphalte] », juge M. Ouellet.

Rappelons que la Ville a aussi conclu, l’automne dernier, un contrat de trois ans de 22 M$ pour les services de machines automatisées destinées à colmater les nids-de-poule.

Encore une fois, il s’agissait d’une entente beaucoup plus chère que la précédente, qui avait coûté 9 M$.

► Prix moyen d’une tonne d’asphalte achetée par la Ville de Montréal

2017 et 2018 : 63 $

2019 à 2021 : 92 $

« Pour l’instant, rien ne laisse croire que la situation (de pénurie de bitume) va changer. »

– Florian Lafage, directeur technique, Bitume Québec.