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Appels de détresse: la ministre McCann demande au réseau d’intervenir

Agence QMI et Jonathan Roberge

La ministre de la Santé, Danielle McCann, appelle les établissements de santé à traiter avec diligence les appels de détresse de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale comme Émilie Houle, dont le suicide atterre le Québec.

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Une mère endeuillée déplore le manque de ressources

«Dès maintenant, nous demandons aux établissements de faire un suivi auprès de la clientèle qui est actuellement en attente de services en santé mentale», a indiqué la ministre McCann, lors de la période de questions, mardi, à l’Assemblée nationale.

La ministre n’a cependant pas précisé ce qu’elle entendait précisément par ce «suivi», se contentant d’indiquer que la santé mentale est une «priorité nationale».

Un électrochoc, espèrent les parents

La mort d’Émilie Houle, survenue à la fin du mois de mars, attriste le Québec depuis que sa lettre de suicide a été partagée par son cousin, sur les réseaux sociaux, dimanche. Dans sa lettre, l’infirmière de 23 ans précise avoir tenté d’obtenir de l’aide psychologique en se rendant à l’urgence, où on lui aurait indiqué qu’elle «ne nécessitait pas d’hospitalisation».

En partageant publiquement la lettre d'adieu de leur fille unique, Denis Houle et Maryse Dionne souhaitaient envoyer un électrochoc au gouvernement.

 

«Ils n’auront pas le choix d’investir. Ça ne fait pas de sens qu’autant de jeunes décident de mettre fin à leurs jours, car ils n’ont pas accès à des ressources capables de les aider», déplorent-ils.

Leur fille était elle-même une professionnelle de la santé. Elle connaissait les signes avant-coureurs. Elle avait aussi fait trois tentatives par le passé.

«Elle a frappé à toutes les portes qu’elle a pu pour demander de l’aide», déplore son père.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, trois ressources sont spécialisées dans la prévention du suicide, mais elles semblent débordées. C'est le cas de la maison l'Accalmie. Pour y obtenir les soins appropriés, Émilie aurait dû, selon sa mère, attendre trois semaines pour rencontrer leurs spécialistes.

«Ils ne peuvent quand même pas mettre quelqu’un dehors! Quand c’est complet, leur pouvoir est limité, mais les besoins sont encore là. Il faut que le gouvernement injecte de l’argent pour engager plus de gens et surtout permettre une plus grande capacité d’accueil; ouvrir d’autres ressources.»

Des mesures importantes à venir

Questionnée par la libérale Hélène David sur ce qu’elle comptait faire pour aider les Québécois aux prises avec des problèmes de santé mentale, la ministre McCann a dit «travailler à des mesures importantes» qui seront «déployées dans les prochaines semaines, les prochains mois».

«Il faut absolument que les problèmes de santé mentale soient traités de la même façon que n'importe quel autre problème en santé», a-t-elle dit.

Danielle McCann a aussi rappelé qu’un forum aura lieu en mai sur la question et qu’une «réforme importante des guichets d’accès en santé mentale» sera réalisée.

Pour sa part, le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, a indiqué que la situation qu’a vécue Émilie Houle était «inacceptable».

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