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Guylaine Tanguay: «Je veux transmettre le plaisir que j’ai sur scène»

Daniel Daignault | Agence QMI 

Joël Lemay / Agence QMI

La popularité de la chanteuse ne se dément pas. Ses spectacles sont courus, ses albums figurent aux palmarès des ventes et elle ne cesse de multiplier les projets. L’automne dernier, elle a entamé la tournée de spectacles «3764 Elvis Presley Blvd», qui rend hommage à la musique du King. Nous avons rencontré Guylaine Tanguay dans les coulisses du spectacle qu’elle a récemment présenté au Zénith de Saint-Eustache.

Guylaine, es-tu étonnée de constater le succès que connaissent tes albums et tes spectacles rendant hommage à Elvis?

Oui, parce que c’est différent de tout ce que j’ai fait. Mes fidèles me suivent toujours dans mes projets, mais là, je constate que je reçois beaucoup de beaux commentaires d’hommes qui apprécient ce que je leur propose. On m’a souvent dit, entre autres: «Tu m’as tellement fait revivre de beaux moments de ma jeunesse avec tes chansons d’Elvis!» J’aime ça parce que, habituellement, ce sont surtout des femmes qui me font des commentaires sur mes spectacles et mes albums. Ça me rend heureuse. C’est fait pour ça, la musique!

Tu t’es toujours donné comme mission de divertir les spectateurs...


Oui, j’ai toujours fait de la musique pour que les gens s’amusent, pour qu’ils sortent de leur quotidien. Les gens ont différents problèmes, dans la vie. Mon mandat, c’est donc de faire en sorte qu’ils les oublient le temps d’un spectacle. Je veux leur transmettre le plaisir que j’ai à être sur scène.


Et tu y parviens encore une fois avec cette tournée!

J’ai l’habitude d’avoir un public qui participe. Au début d’un spectacle, je sens tout de suite si les gens sont en forme ou non. Avec ce spectacle d’Elvis, une grande partie du plaisir des spectateurs est aussi attribuable à la présence des danseurs. Je vois les gens sourire et regarder partout sur scène; ça leur donne le goût de bouger! J’aime ça, ça ajoute beaucoup de dynamisme au spectacle. Je vois aussi plusieurs personnes chanter. C’est fantastique!

Te mets-tu beaucoup de pression sur les épaules avant de présenter un concert?

Oui, parce que chaque fois que je fais un spectacle, j’agis comme si c’était le premier ou le dernier. Je me dis que les personnes dans la salle me voient peut-être pour la première fois, alors je souhaite leur laisser une impression incroyable. Je dois aller les chercher. Et puis, je veux être honnête avec les gens qui achètent des billets et des albums, et qui se déplacent pour venir me voir. J’ai toujours en tête que je dois répondre à leurs attentes, que le spectacle que je présente est le plus important de ma vie et que je dois me surpasser. D’ailleurs, les gens me disent souvent que j’ai beaucoup d’énergie, que je donne tout ce que j’ai sur scène. C’est certain que ce sont des commentaires que j’apprécie. Je ne peux pas faire les choses à moitié. Je suis comme ça dans toutes les sphères de ma vie.

On sent que tu aimes toujours autant ce que tu fais!

Oui. Une tournée comme celle-là représente bien sûr énormément
de travail, mais ça se passe bien. Je peux dire haut et fort que je suis privilégiée. Je n’ai pas de difficulté
à composer avec tout ça. C’est peut-être l’âge qui fait que je suis paisible aujourd’hui. Je conjugue bien mes rôles de chanteuse, de mère et d’épouse. Ça va bien avec mon mari et mes enfants, et tout ça est réconfortant. Je ne pourrais pas faire de la musique si l’une de mes filles n’était pas heureuse, par exemple. Il faut que ça se passe bien chez moi, que tout le monde soit heureux et content. Après ça, je peux faire mes affaires!

Tu souffres de fibromyalgie depuis plusieurs années. Ce trouble influe-t-il sur ta façon de chanter?

Il y a des jours où c’est l’horreur, d’autres où ça va mieux, mais j’ai appris à composer avec cette réalité. Ce sont surtout mes douleurs aux pieds qui rendent tout ça difficile. Ils sont toujours pas mal enflés, et ça fait mal. Les jours de spectacle, j’essaie de les ménager, car je sais que je vais devoir bouger et danser sur scène en talons hauts. Cela dit, je sais que la fibromyalgie est là pour de bon et que si je ne suis pas active, ce sera pire.
Je continue donc à faire ce que j’ai à faire. C’est sûr que le soir, après un spectacle ou une journée de vacances, j’ai de la difficulté à marcher, mais j’ai décidé de miser sur ce qu’il me reste plutôt que sur ce que je n’ai plus. Et, heureusement, ça n’a jamais affecté ma voix. Ça, c’est primordial pour moi!

À quoi ressemble ton rituel quand tu es en tournée?

Je dois bien sûr me déplacer d’une ville à l’autre, ce qui implique parfois, en raison de la distance, que je doive partir très tôt le matin. L’équipe technique arrive en premier, et les musiciens et moi arrivons à la salle vers 15 h. J’installe toutes mes choses et je m’assure de n’avoir rien oublié. Je vérifie aussi que les musiciens et les danseurs ne manquent de rien.

Ton équipe et toi faites ensuite le traditionnel test de son...

Oui. Ça dure environ 30 minutes, le temps d’ajuster certains détails, au besoin, et de nous assurer que tout le monde est confortable. Ensuite, j’ai une heure et quart pour souper, puis je me maquille et je m’habille. Je n’ai pas vraiment de rituel en dehors de ça. Je n’ai pas besoin, par exemple, de m’isoler durant une longue période avant un spectacle.

Il t’arrive sûrement de devoir accorder des entrevues avant les spectacles...

Oui, ça arrive souvent que je doive me rendre à une station de radio. C’est pour ça que je me fais toujours un maquillage de base. Comme ça, je n’ai qu’à faire quelques retouches avant de monter sur scène. Ça me permet d’être relaxe et de discuter avec les gens. Il faut que tout soit bien planifié!