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Salubrité des restaurants: Montréal souhaite afficher les résultats des inspections

Elsa Iskander | Agence QMI 

La Ville de Montréal souhaite que les résultats des inspections de salubrité des restaurants et autres établissements alimentaires de son territoire soient affichés dans la vitrine des commerces.

«Les résultats d’inspections sont déjà publics, mais ils sont peu ou pas communiqués à la population», a expliqué la leader d’Ensemble Montréal, Karine Boivin-Roy.

Sur le site du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), «toutes les infractions sont amalgamées ensemble, à savoir les infractions mineures, majeures et les récidivistes. Alors, quand on veut avoir l’information sur un commerce précis, ce n’est pas facile à trouver», a poursuivi la conseillère de Ville.

Avec l’affichage, «vous n’avez pas besoin de faire une recherche Internet sur un restaurant avant d’aller le fréquenter, vous allez le voir sur la devanture d’un établissement», a mentionné l’élue.

À Toronto, par exemple, les établissements affichent l’avis d’inspection, de couleur verte, jaune ou rouge, selon les infractions constatées. À New York, les restaurants doivent afficher la note attribuée par les inspecteurs, soit A, B ou C.

Entre 2017 et 2018, le nombre d’établissements condamnés pour des infractions aux règlements du MAPAQ a augmenté de 43 % et le montant des amendes augmenté de 52 % pour atteindre 820 000 $.

L’affichage inciterait les récidivistes à se conformer, croit Mme Boivin-Roy. «On va travailler beaucoup cette année et les prochaines années sur les récalcitrants», a d’ailleurs promis le responsable des services aux citoyens au comité exécutif, Jean-François Parenteau.

À travers une motion adoptée le 16 avril, les élus montréalais redemandent au MAPAQ la possibilité d’afficher les résultats des inspections à l’entrée des établissements. Si Montréal a le pouvoir d’inspecter, c’est en vertu d’un mandat délégué par le ministère. «C’est pas demain matin qu’on a un système d’affichage dans les rues. [...] Il y a des autorisations à obtenir», comme pour la diffusion des données, a indiqué Mme Boivin-Roy.

«On ne croit pas que c’est la meilleure manière de faire, les données existent déjà. On peut déjà utiliser ces données-là et en faire la publication», a commenté le relationniste de l’Association des restaurateurs du Québec, Martin Vézina. Selon lui, les inspecteurs ne seront pas en mesure d’ajuster leurs évaluations rapidement après l’apport de correctifs et les restaurateurs seront pénalisés.

«C’est sûr que la Ville de Montréal n’a pas les ressources pour faire des inspections en mode 24 heures et le suivi pour redresser la note», a soutenu M. Vézina. À Montréal, 31 inspecteurs sont chargés d’examiner 14 000 établissements alimentaires.

Plusieurs restaurateurs contactés par le «24 Heures» ont refusé de commenter, parfois en raccrochant la ligne au nez. Certains ont indiqué que le MAPAQ allait «toujours trouver un problème».

- Avec la collaboration de Béatrice Roy-Brunet, 24 Heures

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