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Nouveaux retards pour la caserne 26, à Montréal

Francis Pilon | Agence QMI

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Joël Lemay / Agence QMI

Aucun pompier ne retournera dans la caserne 26, située dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, de sitôt. Le chantier devait se terminer en mai 2019, mais il a été suspendu pendant des mois, au point de semer l’inquiétude chez des spécialistes du patrimoine.

Des résidents du secteur se plaignent des travaux qui stagnent à la caserne 26, construite en 1901, à l’angle des rues Mont-Royal et Des Érables. Le bâtiment patrimonial n’a désormais plus sa façade en pierre grise. Le toit a été retiré. Il ne reste que les mûrs est et ouest qui sont encore debout.

Lorsque le chantier a commencé en 2017 pour sécuriser l’immeuble en piètre état, on prévoyait la fin des travaux en août 2018, qui ont par la suite été retardés à mai 2019.

Montréal a d’abord injecté 11,3 millions $ sur la bâtisse pour réaliser des travaux de réfection de l'enveloppe, refaire la dalle de garage, remplacer les systèmes électromécaniques et optimiser les espaces du rez-de-chaussée et d'une partie de l'étage de la caserne.

Finalement, un nouveau budget et un nouvel échéancier pour le projet de réhabilitation de la caserne 26 sont toujours en évaluation, a confirmé la Ville de Montréal, qui a refusé de donner plus de détails. Cette dernière soutient que le bâtiment sera reconstruit pratiquement à l'identique et dans un souci de conservation patrimoniale.

«Pendant les travaux, des éléments qui ne figuraient pas aux plans d’origine de 1901 ont nécessité que des solutions soient mises en place immédiatement afin de poursuivre l'exécution du chantier», a expliqué par courriel Gabrielle Fontaine-Giroux, une relationniste à la Ville de Montréal.

L'incident a engendré des dépenses supplémentaires de plus de 747 000 $ à la Ville.

«À la fin novembre 2018, les professionnels produisent un rapport qui stipule que les murs de maçonnerie existants présentent un risque d'effondrement. Au début décembre, l'ordre de suspension des travaux est émis», a ajouté Mme Fontaine-Giroux.

Entre décembre 2018 et le 1er avril 2019, tous les travaux de la caserne 26 ont été interrompus et aucune communication n’a été émise aux résidents du quartier inquiets pour l’avenir de la caserne.

Un flou inquiétant

Amélie Roy-Bergeron, de la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal, se dit préoccupée par la situation.

«D’une part, il n’y a pas eu aucun souci pour conserver d’une quelconque façon l’intérieur de la bâtisse qui est emblématique pour le quartier, a déploré Mme Roy-Bergeron. Puis, l’extérieur, ça n’avance pas. Plus ça avance, plus ça nous inquiète parce qu’un bâtiment patrimonial ne peut pas rester ouvert durant tout un hiver et tout un été sans dommage.»

Cette dernière rappelle l’importance de conserver la caserne 26 puisqu’elle a d’abord été construite comme l’ancien hôtel de ville du village De Lorimier, il y a 118 ans.

Même son de cloche pour le directeur des politiques à Héritage Montréal, Dinu Bumbaru. «C’est normal qu’il y ait des ajustements, mais il faudrait un panneau sur place qui explique ce qu’il se passe, a-t-il dit. Sinon, les gens restent pris avec la promesse qui n’est jamais livrée d’un échéancier. Il n’y a pas d’explications, c’est pourtant des projets publics et ce n’est pas juste de l’argent.»

Le «24 Heures» a tenté de parler avec un élu municipal de ce dossier, mais notre demande est restée sans réponse.