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Peine clémente pour un Innu qui a agressé son ex-conjointe

Nicolas Saillant | Journal de Québec

Le Journal de Québec

Le passé «immensément triste et lourd» d’un Innu de la Côte-Nord qui a agressé son ex-conjointe avec un couteau a joué en sa faveur dans l’imposition d’une peine clémente de 30 mois.

Éduqué par ses grands-parents, Steeve Grégoire a eu une enfance difficile. L’Innu d’Uashat a dû composer avec le suicide de sa mère et de son oncle qu’il a lui-même découvert.

Au total, pas moins de six membres de sa famille se sont suicidés, lui-même ayant aussi tenté de passer à l’acte. Dès l’âge de 11 ans, Steeve Grégoire a commencé à faire des vols et des introductions par effractions par dizaines.

Violence conjugale

Après avoir rencontré sa conjointe qui habite Québec, l’accusé décide de la suivre et ceux-ci ont rapidement un enfant en plus des trois jeunes de la victime issus d’une autre union.

En septembre 2018, Grégoire s’en est pris à sa conjointe une première fois en la frappant au visage après une chicane. Ce n’est finalement que le lendemain, après avoir été menacée, qu’elle porte plainte et que l’accusé comparaît.

Remis en liberté à condition de ne pas communiquer avec la victime, ce dernier la contacte tout de même afin de revenir chez elle. La victime le convainc plutôt de quitter la région de Québec et achète même un billet d’avion pour qu’il retourne sur la Côte-Nord.

Or, Grégoire se présente en retard à l’aéroport et rate son avion. Il se dirige ensuite vers un bar où il consomme de l’alcool toute la nuit. Au petit matin, l’accusé, ivre, se rend chez la victime et fracasse la fenêtre de la porte pour pénétrer dans l’appartement alors que cette dernière, paniquée, compose le 9-1-1.

L’accusé s’empare d’un couteau et poignarde la dame dans le bas du dos. Malgré des saignements abondants, la blessure est heureusement superficielle tandis que Grégoire est rapidement arrêté.

«Crime grave»

Dans sa décision, le juge a rappelé la gravité des crimes commis par l’accusé et les peines importantes qui peuvent en découler. Il a cependant «hésité à emprunter cette voie».

«L’accusé a souffert de nombreux traumatismes dans sa vie», a dit le juge Steve Magnan. Il vient d’une communauté «où les habitants ont été dépossédés de leurs habitudes de vie ancestrale», a-t-il ajouté.

Ainsi, une peine de 30 mois de prison moins les 10 mois de détention préventive a été imposée. Pendant sa probation de trois ans, il devra toutefois intégrer le Centre de guérison Waseskun qui offre des soins culturels et spirituels pour les communautés autochtones.