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Une mère endeuillée déplore le manque de ressources

Alex Drouin | Journal de Montréal

La mère d’une infirmière de 23 ans qui s’est enlevé la vie et dont le cri du cœur est devenu viral sur le web déplore la complexité d’obtenir des soins psychologiques adéquats pour sa fille en détresse.

Le 29 mars dernier, la Trifluvienne Émilie Houle a commis l’irréparable. À la suite de son geste fatidique, son cousin Jimmy a publié sur Facebook une lettre qu’elle a écrite exposant son désespoir. En 24 heures, la lettre a été partagée plus de 66 000 fois sur les réseaux sociaux.

« Il y a un manque pour les personnes qui ont besoin d’aide et ce n’est pas parce qu’on n’a pas essayé », a confié au Journal sa mère, Maryse Dionne.

Six jours avant le décès de sa fille unique, Mme Dionne avait tenté de trouver un endroit qui pourrait en prendre soin, car elle manifestait des signes de détresse psychologique. Elle a appelé des centres de prévention du suicide de sa région ainsi que des organismes communautaires spécialisés en santé mentale, en vain.

 

On lui aurait dit, entre autres, que sa fille devait avoir un billet du médecin pour y être admise.

Au Centre prévention suicide Accalmie de Trois-Rivières, ce sont les places disponibles qui faisaient défaut.

« C’est à ce moment qu’elle avait besoin d’aide et non dans trois jours », s’attriste Mme Dionne.

Pas besoin d’hospitalisation

Joint par téléphone, le directeur général du centre, Patrice Larin, a mentionné qu’il allait s’assurer que les choses avaient été bien faites.

Un peu avant le 29 mars, Émilie aurait demandé à sa mère d’appeler l’ambulance afin d’être prise en charge par un hôpital.

« Je me suis présentée à l’urgence dans le but de me faire hospitaliser, a-t-elle écrit dans sa lettre transmise par son cousin. Pour le psychiatre, je ne nécessitais pas d’hospitalisation. »

Après une nuit à l’hôpital, elle a été renvoyée chez elle.

« Elle est sortie de là encore plus découragée et avec une plus grande dose de médicaments. Ils ont signé son arrêt de mort en la renvoyant chez elle », a affirmé sa conjointe, Mollie Ferron.

Jointe par téléphone, la direction du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec a mentionné qu’elle ne fera pas de commentaires, mais que « les services qui sont offerts font de réelles différences dans la majorité des cas ».

« Il est difficile de taper sur la tête de quelqu’un, car on n’a pas l’ensemble du casse-tête dans cette histoire », a souligné la directrice générale adjointe de l’Association québécoise de prévention du suicide, Solène Tanguay.

Si vous avez besoin d’aide

Ligne québécoise de prévention du suicide

www.aqps.info

1-866-APPELLE (277-3553)

Jeunesse, J’écoute

www.jeunessejecoute.ca

1-800-668-6868

Tel-Jeunes

www.teljeunes.com

1-800-263-2266

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