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Une mère est condamnée à trois ans de probation pour avoir harcelé «Atchoum» la clown

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

Un juge s’est résolu à condamner à trois ans de probation une mère de l’Outaouais ayant harcelé une clown que sa fille adorait, même s’il pense avoir assisté à une «mascarade» en entendant ses excuses mardi.

«J’ai extrêmement honte de ce que j’ai fait. Je n’ai jamais voulu lui faire mal», a témoigné la mère, dont nous taisons l’identité pour préserver celle de sa fille.

Impassible à l’extérieur et dans la salle d’audience, la dame de 29 ans a fondu en larmes dès qu’elle a prononcé ses premiers mots devant le juge Benoît Gariépy.

Celle qui a plaidé coupable à des chefs de harcèlement criminel et de transmission de faux renseignements en janvier a pris la parole mardi pour présenter ses excuses à Véronique Gagné, alias Atchoum.

«Pour faire ça, il fallait que je sois en détresse», a-t-elle affirmé au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

Faux profils Facebook

Entre juillet 2017 et mars 2018, la mère de famille a utilisé une vingtaine de faux profils Facebook pour envoyer des messages menaçants au clown adoré de sa fille.

Sous de fausses identités, l’accusée parlait de son enfant de quatre ans, atteinte de dyspraxie motrice, comme «d’une mongole qui ne méritait pas de vivre».

Véronique Gagné a contacté la police, car elle craignait pour la sécurité de la fillette, qui assistait fréquemment à ses spectacles aux quatre coins du Québec.

«Je suis une clown, je ne suis pas [le groupe rock] Kiss. C’était devenu plus grand que nature», a illustré l’artiste de 38 ans devant la cour mardi.

Le juge Gariépy a qualifié les faits de «troublants et dignes d’un scénario de film».

Il a même souligné qu’il espérait ne pas avoir assisté à «une comédie ou une mascarade» lors du témoignage de la mère.

Des intervenants ayant évalué celle-ci soupçonnent qu’elle simule des symptômes physiques pour faire croire à un trouble psychiatrique, d’après un document déposé au tribunal.

Le juge Gariépy a tout de même condamné l’accusée à une probation de trois ans assortie de conditions.

La mère ne pourra ni communiquer avec Atchoum ni assister à ses spectacles. Il lui sera également interdit d’utiliser les réseaux sociaux et d’envoyer des courriels sans la supervision d’un autre adulte.

Elle devra aussi rencontrer son psychiatre tous les deux mois.

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