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32e album: «Si tu fais un CD, ce n’est pas pour toi, c’est pour le public» – Michel Louvain

Yan Lauzon | Agence QMI

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Aussi longtemps qu’il aura la santé et qu’il se souviendra des paroles de ses chansons, Michel Louvain montera sur scène, là où il est heureux.

À 81 ans, le «gentleman crooner» vient de lancer son 32e album en carrière, un effort intitulé «La belle vie» sur lequel il se plaît à interpréter des airs connus en français et en anglais, mais aussi en italien et en espagnol.

«Je voulais que ce soit des chansons qui coulent, que les gens reconnaissent et chantent, et sur lesquelles on peut danser. C’est magnifique, ç’a beaucoup de rythme», a-t-il confié.

Par contre, avec plus de 60 ans de carrière, il ne voulait pas revisiter des pièces qu’il avait déjà enregistrées. Il a donc fait appel à ses admirateurs sur Facebook. Parmi les centaines de propositions reçues, une est ressortie du lot.

«J’ai eu à peu près 300 personnes qui m’ont demandé "Les roses de Picardie" [popularisée par Yves Montant, NDLR]. Je ne connaissais même pas ça... La chanson commence comme un vieux disque qui "griche", comme un vieux 33 tours, parce que c’était comme ça dans le temps.»

Un travail minutieux

À l’instar de ce qu’il fait depuis des décennies, Michel Louvain s’est grandement appliqué quand est venu le temps de concocter son nouvel effort.

«C’est très long bâtir un disque: c’est un mois et demi, deux mois à chanter en studio, mais il faut que tu le bâtisses avant. Je trouvais que c’était beaucoup de travail de trouver les chansons que les gens allaient aimer. Si tu fais un CD, ce n’est pas pour toi, c’est pour le public.»

Avant de poser sa voix sur les pièces européennes «Quando Quando Quando» et «Besame mucho», il a opté pour une technique qui a fait ses preuves.

«J’ai appris ma chanson en italien avec un ami italien par téléphone, a précisé le chanteur. Roberto Medile a écouté le disque et il m’a dit: "tu as une faute, Michel. Au lieu d’un «a», il faut que tu dises un «o». Chapeau.»

«En espagnol, j’ai écouté la "toune" et j’écrivais phonétiquement.»

Pas facile

Bientôt, Michel Louvain entrera dans sa salle de musique, avec son pianiste Daniel Piché – son chef d’orchestre depuis 25 ans – afin de donner corps à son prochain spectacle.

S’il a déjà une bonne idée de ce qu’il présentera un peu partout au Québec à compter du mois d’octobre, il avoue que la création n’est pas de tout repos.

«C’est un peu ça le casse-tête d’un artiste. Tu bâtis un beau "show" qui dure trois ans, tu prends tout ça et tu mets ça de côté. C’est ça que je trouve dur dans le métier. Ce changement, tout le temps, tout le temps [...] Je suis un peu comme Tony Bennett, dans le même style. Lui aussi trouvait difficile de changer de spectacle après deux ou trois ans.»

Une chose est sûre: en deuxième partie de ses différents rendez-vous, l’artiste proposera ses «desserts», comme il les appelle.

«Y’a toujours de la place pour "La dame en bleu" et "Un certain sourire". Les standards, tu ne touches pas à ça sinon je ne chanterai plus jamais... Mais il faut que je bâtisse à travers ça, que je monte le spectacle.»

L’album «La belle vie» de Michel Louvain est déjà en magasin. Pour les dates de spectacles: michel-louvain.com.

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