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À peine élu, Jason Kenney confirme qu'il abolira la taxe carbone

AFP

Le nouveau premier ministre élu de la province de l'Alberta, le conservateur Jason Kenney, a confirmé mercredi qu'il abolirait la taxe carbone de cette province pétrolière de l'Ouest canadien dès son arrivée au pouvoir, ouvrant un nouveau front hostile à Justin Trudeau à six mois des législatives fédérales.

Or c'est en échange de l'imposition de cette taxe carbone par le précédent gouvernement de l'Alberta que le gouvernement libéral de M. Trudeau avait approuvé l'élargissement controversé de l'oléoduc Trans Mountain.

Ce pipeline doit tripler les exportations de pétrole à destination de Vancouver, dans la province voisine de Colombie-Britannique.

Le gouvernement de Justin Trudeau a nationalisé l'oléoduc l'an dernier, mais le projet d'élargissement, ralenti par une contestation judiciaire, fait du surplace depuis son approbation.

«Le premier projet de loi qui sera présenté lors de la prochaine session parlementaire sera celui abolissant la taxe carbone», a déclaré M. Kenney lors d'une conférence de presse au lendemain de sa nette victoire aux élections provinciales de l'Alberta.

Son parti conservateur unifié a remporté une large majorité absolue à l'assemblée législative de cette province, sise sur la troisième réserve de pétrole de la planète, décrochant 63 des 87 sièges en jeu, selon les résultats officiels presque définitifs.

Il a délogé du pouvoir le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) de Rachel Notley, jusqu'à récemment alliée de Justin Trudeau sur la politique environnementale.

M. Kenney, dont le gouvernement doit prendre ses fonctions le 30 avril, a indiqué avoir eu mercredi une «discussion respectueuse» avec le premier ministre Trudeau.

Il a indiqué lui avoir exprimé «sa grave préoccupation» concernant un projet de loi fédérale visant à renforcer l'évaluation environnementale des projets énergétiques.

Ce projet de loi, s'il est adopté, «va miner encore davantage» la confiance des investisseurs dans le secteur pétrolier de l'Alberta, a averti M. Kenney, ancien ministre influent du précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Face à M. Trudeau, il a promis d'emprunter d'abord «la voie de la diplomatie pour tenter de trouver un terrain d'entente», disant espérer ne pas avoir à recourir à «des mesures plus énergiques pour affirmer les intérêts économiques vitaux de l'Alberta».

«Mais je pense que le premier ministre Trudeau sait que si nous ne pouvons pas obtenir un accès océanique pour notre énergie, ce nouveau gouvernement se tiendra vigoureusement debout pour l'Alberta», a-t-il conclu.

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