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Les glaces bougent à Beauceville

Dominique Lelièvre et Jean-François Racine | Journal de Québec

Un embâcle de quatre kilomètres sur la rivière Chaudière qui sème l’inquiétude depuis mardi, à Beauceville, a finalement bougé cet après-midi, mais le risque d'inondation n'est pas écarté pour autant.

Dans un court entretien avec Le Journal, le directeur général de Beauceville, Félix Nunez, a cependant indiqué que l'important embâcle est toujours présent et qu'il se trouve maintenant plus au nord de la municipalité. 

Un autre coup d'eau est toujours possible, des averses abondantes étant annoncées à partir de jeudi et pour tout le week-end. 

Partout en Beauce, la rivière Chaudière fait l'objet d'une surveillance accrue. 

Les autorités municipales de Beauceville ont l’intention de faire de nouveau le point sur la situation en milieu d’après-midi.   

Beauceville constate les dégâts

Des centaines de résidents et commerçants de Beauceville, confrontés à leur pire inondation depuis près de trois décennies, ont constaté les lourds dégâts à leur propriété, mercredi,mais les autorités craignent d’être submergés à nouveau avec la pluie des prochains jours.

Le réveil était pénible pour les résidents et commerçants des quelque 300 bâtiments sinistrés du boulevard Renault et de l’avenue Lambert.

L’eau s’est retirée pendant la nuit, mais d’imposants blocs de glace, des pneus, des bacs à ordure et d’autres objets incongrus jonchaient le sol ici et là en début de journée, témoignant de la vague de la veille, lorsque la rivière Chaudière a soudainement quitté son lit.

Dans les résidences et commerces accessibles, on constatait les dégâts avec résignation.

«Le moral n’est pas haut, mais que voulez-vous que je fasse? Il y avait de l’eau jusqu’au toit dans mon véhicule et mon logement est fini», se désole Henry Bolduc, dont l’appartement qui donne sur la rivière a été envahi par plus d’un mètre d’eau.

L’appartement d’Henry Bolduc a été submergé par un mètre d’eau mardi. Même s’il habite près de la rivière, il n’avait jamais rien vu de tel depuis qu’il a emménagé il y a 18 ans. À l’intérieur, la débâcle a brisé les meubles en plus de faire tomber le réfrigérateur et le téléviseur.

L’appartement d’Henry Bolduc a été submergé par un mètre d’eau mardi. Même s’il habite près de la rivière, il n’avait jamais rien vu de tel depuis qu’il a emménagé il y a 18 ans. À l’intérieur, la débâcle a brisé les meubles en plus de faire tomber le réfrigérateur et le téléviseur.

Débâcle

Un peu plus loin, la propriétaire de la Clinique vétérinaire de Beauceville, Nicole Julien, est descendue au sous-sol de son entreprise pour la première fois en compagnie du Journal.

Nicole Julien et son équipe de la Clinique vétérinaire de Beauceville ont évacué d’urgence neuf chats qui devaient bientôt subir une chirurgie. L’inondation de mardi a saccagé la salle préopératoire, dont le mobilier est très endommagé. La propriétaire s’inquiète maintenant pour ses 10 employés qui sont sans travail pour le moment.

Nicole Julien et son équipe de la Clinique vétérinaire de Beauceville ont évacué d’urgence neuf chats qui devaient bientôt subir une chirurgie. L’inondation de mardi a saccagé la salle préopératoire, dont le mobilier est très endommagé. La propriétaire s’inquiète maintenant pour ses 10 employés qui sont sans travail pour le moment.

La salle préopératoire et celle destinée aux chirurgies, plongées dans l’obscurité, l’attendaient dans un état lamentable. Il y en a sans doute pour «des dizaines et des dizaines de milliers de dollars» en dommages, évalue-t-elle.

 «C’est l’apocalypse, image Mme Julien. Je n’ai jamais eu autant de dégâts que ça. Dieu merci, les patients [neuf chats sortis la veille] ont tous été évacués à temps». Elle tient le coup grâce à ses employés «en or». «On va se retrousser les manches», assure la dame.

Le désastre a d’ailleurs donné lieu à plusieurs scènes d’entraide dans le quartier, de quoi conforter les sinistrés. Chez les Drouin, on trouvait même le tour de faire des blagues. «Ça va bien [...]. Ça va donner quoi d’être stressés?» demande Michel, 71 ans, qui faisait le ménage de sa cave avec ses frères.

Michel Drouin, 71 ans, faisait l’inventaire des dégâts dans sa cave, où il a pour 10 000 $ en outils pour travailler le bois. Le chauffe-eau et un réfrigérateur ont aussi écopé. « L’eau a monté jusqu’à 18 pouces du plafond », affirme-t-il. Son frère Roger et d’autres proches étaient là pour aider au nettoyage, mercredi.

Michel Drouin, 71 ans, faisait l’inventaire des dégâts dans sa cave, où il a pour 10 000 $ en outils pour travailler le bois. Le chauffe-eau et un réfrigérateur ont aussi écopé. « L’eau a monté jusqu’à 18 pouces du plafond », affirme-t-il. Son frère Roger et d’autres proches étaient là pour aider au nettoyage, mercredi.

Ce qu’ils ont dit

 «On s’était préparés, on a des pompes, on est équipés et on sait comment ça fonctionne, mais ç’a vraiment été la surprise. On n’a pas eu le temps de réagir.»

– Nicole Julien, propriétaire de la Clinique vétérinaire de Beauceville

«On ne rit pas. Je suis découragé. Qui ne le serait pas? Ça va prendre une secousse [avant que l’on puisse réintégrer les logements]. Ça fait deux nuits que je ne dors pas.»

– Henry Bolduc, sinistré

 «L’eau a monté [dans le sous-sol] jusqu’à 18 pouces du plafond. C’est la première fois que j’en ai tant que ça depuis que je suis ici.»

– Michel Drouin, sinistré

 «Je suis locataire et j’ai un très bon propriétaire. On va l’aider. J’ai appelé des amis et on va tous travailler ensemble. Il y a beaucoup de monde avec le coeur sur la main, ça nous rassure.»

– Tommy Lechasseur, sinistré 

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