/news/currentevents

Deux explosions à l'ABI ont fait peur aux lock-outés

Amélie St-Yves | Journal de Montréal

Des travailleurs de l’aluminerie de Bécancour (ABI) ont eu peur de voir leur gagne-pain partir en fumée après deux explosions survenues ce matin.

À LIRE ÉGALEMENT

Explosion et incendie majeur à l'Aluminerie de Bécancour

Il était environ 9 h 15 quand il y a eu deux déflagrations dans la zone de la fonderie de l’ABI, en lock-out depuis janvier 2018. Des travailleurs sur la ligne de piquetage ont vu de la fumée blanche, puis une grosse fumée noire s’échapper du bâtiment.

Il y a eu une grosse flamme et ça montait assez haut. On pensait qu’il y avait plusieurs feux, parce que cela sortait à différentes places de l’usine, mais c’était juste la boucane», a dit le travailleur Jean-Pierre Leroux, qui a assisté aux explosions de la ligne de piquetage.

Une flammèche aurait embrasé un silo de résidus d’aluminium et d’huile, en raison de travaux d’un sous-traitant dans ce secteur, selon les sources internes des travailleurs. Il est clair pour eux qu’il s’agit d’un bête accident. La Sûreté du Québec n’a pas reçu de demande d’enquête des pompiers pour l’instant et personne n’a été blessé.

Soulagés

Les travailleurs étaient soulagés d'apprendre qu'aucune ligne de gaz n'avait explosé, ce qui aurait pu causer des dommages plus importants.

«Oui, on est en conflit, mais notre souhait, c’est de retourner en dedans et de travailler. On ne veut pas qu’il y ait des dommages à l’intérieur qui pourraient retarder notre retour au travail», a dit le travailleur Jean-Pierre Lehoux.

«En étant en lock-out depuis 15 mois, quand on voit une affaire de même en direct, oui, c’était inquiétant», a dit le travailleur Paxton Brière, qui était aussi sur la ligne de piquetage.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, est venu sur les lieux et a déploré l'incident, le jour même où le ministre du Travail Jean Boulet dépose une hypothèse de règlement pour régler le lock-out qui perdure.

«Au même moment, il y a ça qui arrive et on n’est pas capable d’évaluer l’impact», a dit le maire.

Si tout semblait tranquille à l’extérieur de l’usine quelques heures plus tard, une vingtaine de pompiers travaillaient toujours à l’intérieur.

Ni le syndicat ni la partie patronale n'ont voulu répondre à nos questions. L’ampleur des dommages reste à préciser.

Dans la même catégorie