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Deux reines-pharaons auraient régné ensemble

Agence QMI

Une égyptologue et professeure en histoire de l’art à l’UQAM affirme avoir résolu le mystère de la reine qui a régné entre le pharaon Akhenaton et son fils, le non moins célèbre Toutânkhamon.

Valérie Angenot a partagé sa découverte lors de la conférence annuelle de l’American Research Center in Egypt qui s’est clôturée dimanche en Virginie, aux États-Unis.

Alors qu’on pensait qu’une seule reine avait régné entre le décès du pharaon Akhenaton et l’avènement au pouvoir de son fils Toutânkhamon, l’égyptologue soutient que ce n’est pas une, mais deux femmes qui seraient montées ensemble sur le trône d’Égypte. Une théorie encore jamais envisagée.

Jusqu’à présent, deux hypothèses s’affrontaient: certains égyptologues pensaient qu’il s’agissait de la reine Nefertiti, épouse d’Akhenaton, autoproclamée reine à la mort de son époux, tandis que d’autres pensaient qu’il s’agissait de la fille aînée d’Akhenaton, la princesse Méritaton.

C’est grâce à une analyse iconographique et en se fondant sur des documents épigraphiques que la chercheuse a démontré que deux filles d’Akhenaton ont pris le pouvoir à sa mort. Leur frère Toutânkhamon était encore trop jeune pour régner.

Mme Angenot affirme qu’Akhenaton, qui avait épousé sa fille Méritaton pour la préparer à sa succession, aurait ensuite associé au pouvoir une autre de ses filles, Neferneferouaton Tasherit comme «roi d’Égypte».

«Les deux femmes seraient donc montées ensemble sur le trône à sa mort, sous un nom de couronnement commun [Neferneferouaton Ankhkheperure], ce qui a amplement contribué à semer la confusion chez les égyptologues», peut-on lire dans un communiqué de l’UQAM.

L’analyse de certaines pièces du trésor de Toutânkhamon, découvert en 1922 par l’archéologue britannique Howard Carter, avait révélé que l’enfant-roi avait usurpé une partie du matériel funéraire de cette mystérieuse Neferneferouaton Ankhkheperure.

«On a retrouvé dans le tombeau de Toutânkhamon un document montrant qu’Akhenaton associait ses deux filles en tant que couple royal. On trouve aussi dans le tombeau des statues et des statuettes aux traits féminins qui représenteraient les princesses», a expliqué Valérie Angenot.

Pour appuyer son hypothèse, l’historienne a également analysé une stèle présente au Musée de l'art égyptien de Berlin où l’on voit deux personnages que les égyptologues ont identifiés comme étant soit Akhenaton et son père, soit Akhenaton et Nefertiti. «L’un des personnages caresse le menton de l’autre. Dans le répertoire iconographique égyptien, ce geste n’est attesté que pour les filles d’Akhenaton et de Néfertiti», a observé Mme Angenot.

De plus, la chercheuse a expliqué que certaines sculptures de têtes royales anonymes, faisant référence à Akhenaton ou à Nefertiti, seraient en fait des portraits des deux femmes. Ce serait notamment le cas d’une tête aux traits féminins, visible au Kestner Museum de Hanovre en Allemagne, identifiée comme étant un «Akhenaton jeune», bien qu’elle soit datée de la fin de son règne.

L’hypothèse de deux reines-pharaons avancée par Valérie Angenot pourrait apporter un nouvel éclairage aux documents, hiéroglyphes et témoignages qui font l’objet de débats depuis près d’un siècle quant à l’identité du successeur féminin d’Akhenaton.