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Jason Kenney souhaite rencontrer François Legault

Agence QMI

Jim Wells/Calgary Sun/QMI Agency

Le premier ministre désigné de l'Alberta, Jason Kenney, a laissé entendre mercredi qu'il souhaite avoir la chance de rencontrer le premier ministre François Legault prochainement pour vanter le pétrole albertain.

Mardi soir, dans son discours de victoire aux élections provinciales, le chef du Parti conservateur uni a tendu la main aux Québécois, en français, évoquant le besoin pour l'Alberta d'avoir accès à de nouveaux oléoducs pour exporter son énergie.

Le premier ministre François Legault a réagi, mardi, en se disant ouvert à la construction d'un gazoduc, soit le projet GNL Québec, mais a fermé la porte à tout projet d'oléoduc. Tous les partis représentés à l'Assemblée nationale s'entendent pour dire qu'il n'y a pas d'acceptabilité sociale dans la province pour un tel projet.

M. Kenney a déploré la sortie de son confrère du Québec. «Les sondages montrent que les Québécois préfèrent acheter et consommer de l'énergie canadienne plutôt que provenant d'importation étrangère [...]. Je ne pense pas qu'ils aient une acceptabilité sociale pour le pétrole provenant de dictatures qui nourrit des conflits dans le monde», a fait valoir le premier ministre désigné lors d'une rencontre avec les médias, mercredi, à Edmonton, selon des propos relayés par le «Globe and Mail».

En décembre dernier, un sondage de la firme Léger réalisé pour le compte de l'Institut économique de Montréal démontrait effectivement que 66 % des Québécois souhaitaient que la Belle Province importe son pétrole de l'Ouest canadien.

Si, au tournant des années 2010, le pétrole du Québec provenait avant tout de l'Algérie, la situation a bien changé depuis. En 2018, près de 94 % de l'or noir importé dans la province provenait de l'Ouest canadien (53 %) ou des États-Unis (40 %), selon l'étude État de l'énergie au Québec 2019 de HEC Montréal, qui se base sur des données de Statistique Canada.

Dialogue à l'est, menaces à l'ouest

Malgré ses propos, M. Kenney a indiqué qu'il compte prendre une approche plus modérée avec le Québec qu'avec la Colombie-Britannique pour promouvoir les oléoducs. Il souhaite s'adresser directement aux Québécois et même rencontrer le premier ministre Legault pour discuter de la question.

Par contre, le premier ministre désigné a promis d'être plus intransigeant avec le gouvernement néodémocrate de la Colombie-Britannique. M. Kenney a réitéré qu'il va activer une loi adoptée, mais pas mise en application, par sa prédécesseure Rachel Notley pour couper les vivres en pétrole à son voisin si les troupes de John Horgan continuent de s'opposer au projet d'expansion de l'oléoduc Trans Montain.

M. Kenney pourra passer de la parole aux actes une fois qu'il sera entré officiellement en fonction, le 30 avril prochain.

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