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La victoire de Kenney conforte les conservateurs et accroit la pression sur Trudeau

Émilie Bergeron | Agence QMI 

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

L’élection de Jason Kenney en Alberta donne le vent dans les voiles aux conservateurs fédéraux et place Justin Trudeau dans une position difficile.

C’est du moins la lecture de la situation que fait le politologue Frédéric Boily, de l’Université de l’Alberta, au lendemain du scrutin qui a couronné le chef du Parti conservateur uni avec une forte majorité dans la province de l’Ouest.

«J’ai l’impression que M. Trudeau va jouer la carte d’être le rempart contre les [conservateurs] Doug Ford, Jason Kenney et Andrew Scheer [...], ce qui pourrait être un pari risqué», a analysé l’expert.

S’il y a une leçon à tirer de l’élection albertaine, selon M. Boily, c’est celle que la stratégie de dépeindre négativement un adversaire conservateur est loin d’être garante de succès.

«On est beaucoup dans l’attaque, dans les critiques. On va chercher des choses sur Facebook qui ont été publiées il y a «X» années et on ramène ça sur les devants de la scène politique, mais ça produit un effet de saturation», a-t-il fait valoir.

Le premier ministre canadien sera plutôt forcé de cesser de tergiverser sur plusieurs dossiers où les provinces gouvernées par des conservateurs font front commun contre Ottawa, croit M. Boily. Aux premières loges, on retrouve la contestation de la taxe fédérale sur le carbone et la mobilisation propipeline.

«Sur l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain, est-ce qu’il peut approuver ce projet alors que M. Kenney veut abolir la taxe carbone? C’est un beau dilemme pour M. Trudeau.»

Dans son discours de victoire, Jason Kenney a d’ailleurs fait un plaidoyer en faveur des oléoducs en interpellant les Québécois. Il a laissé entendre que si la province aidait l’Alberta à expédier son pétrole avec de nouveaux pipelines, les versements de péréquation qu’elle reçoit continueraient d’être généreux.

M. Kenney a promis de tenir un référendum pour revoir la formule de la péréquation, le programme fédéral permettant de redistribuer les revenus fiscaux entre les provinces.

En point de presse mardi, le premier ministre Trudeau a accusé M. Kenney de faire de la politique avec cette question alors qu’il a lui-même participé à élaborer l’accord de péréquation en vigueur pendant qu’il était membre du gouvernement Harper.

«Au 21e siècle [...] il est impossible d’avoir un plan pour l’économie sans avoir de plan pour l’environnement», a-t-il ajouté.

Les deux politiciens se sont entretenus mercredi, a indiqué le bureau de M. Trudeau sans fournir plus de détails.

De leurs côtés, les conservateurs d’Andrew Scheer claironnaient, mercredi.

«La famille conservatrice s’agrandit partout au Canada et c’est de très bon augure pour ce qui s’en vient en octobre prochain», a dit le lieutenant de l’opposition officielle pour le Québec, Alain Rayes, en faisant référence aux prochaines élections fédérales du 21 octobre prochain.

Les néodémocrates ont pour leur part admis leur déception de voir le gouvernement de Rachel Notley défait, mais se sont tout de même montrés optimistes pour la suite des choses.

«Pour nous, au fédéral, de voir qu’il y a un tiers des gens en Alberta qui vote pour le NPD et qu’il y a une domination assez écrasante à Edmonton, c’est bon signe», a dit le député de Rosemont, Alexandre Boulerice.

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