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Le PDG du Salon du livre de Québec suspendu avec solde

Nicolas Lachance | Journal de Québec 

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Suspendu en raison des révélations sur ses nombreux voyages coûteux au Bénin, le PDG du Salon international du Livre de Québec (SILQ), Philippe Sauvageau, continue de toucher son plein salaire.

Le président du conseil d’administration du SILQ, John Keyes, a confirmé l’information à notre Bureau d’enquête.

Philippe Sauvageau a été suspendu «temporairement» par le CA, lundi soir dernier, le temps que la lumière soit faite sur des révélations de notre Bureau d’enquête. Le grand patron du SILQ, une organisation largement subventionnée par l’argent des contribuables, a multiplié de nébuleux voyages au Bénin depuis plus d’une décennie.

Il a visité le petit pays de l’Afrique de l’Ouest neuf fois dans les 12 dernières années. Il a également admis qu’il payait la traite à ses invités là-bas, citant en exemple les pratiques de SNC-Lavalin en Libye.

Excluant les billets d’avion et les autres voyages du PDG, ses séjours au Bénin ont coûté plus de 30 000 $ au SILQ.

Tout cela sans compter les dépenses pour sa voiture, car il vit à Montréal où il occupe un second emploi.

Durant l’enquête comptable, il continuera de toucher son salaire d’environ 70 000$ par année.

John Keyes

L’organisation souhaite d’ailleurs trouver un PDG par intérim d’ici quelques jours. Une annonce devrait être faite avant Pâques.

Le président du CA, John Keyes, qui avait accepté de pourvoir ce poste bénévolement, ne compte pas continuer.

M. Keyes qui a fait partie du conseil d'administration pendant 21 ans et qui l'a présidé ces 10 dernières années, avait déjà annoncé qu’il quitterait ses fonctions de président du CA d’ici la fin de l’année.

«Je ne change pas ma décision, je compte partir à la fin de mon mandat», a-t-il mentionné.

La firme comptable externe qui aura le mandat de vérifier les dépenses de l’organisation sera également bientôt connue.

Silencieux

Présidente du CA de 1998 à 2008, Renée Hudon a admis à notre Bureau d’enquête que Philippe Sauvageau lui avait peut-être caché certaines choses à l’époque.

«Je savais que Philippe avait des amitiés en Afrique (...) Il avait un lien d’attachement avec l’Afrique. Moi, je trouvais que c’était bien d’aider les Africains. Mais, je ne gérais pas ses budgets. Là, peut-être qu’il y a des petites choses qui m’ont été cachées», a expliqué Mme Hudon.

Le statut de président directeur général de Philippe Sauvageau lui conférait beaucoup de pouvoir à l’intérieur de l’organisation à but non lucratif. «Philippe ne nous disait pas grand chose», a relaté Mme Hudon.

Par exemple, elle ignorait que les voyages aux Bénins au bénéfice de la Fondation des parlementaires avaient été financés avec les fonds du SILQ. «Je savais qu’il allait en Afrique. Il voulait aider les écrivains africains», a dit l’ex-présidente, regrettant de n'avoir peut-être pas été assez vigilante.

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