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Legault refuse de clamer sa fierté canadienne

Patrick Bellerose | Journal de Québec 

Jugé trop souverainiste pour les libéraux, et trop fédéraliste pour les péquistes, le premier ministre François Legault a été talonné sur son attachement au Canada lors de l’étude des crédits budgétaires mercredi à l’Assemblée nationale.

«C'est surréaliste», a lancé François Legault au sein du Salon rouge, après que les chefs intérimaires du Parti québécois et du Parti libéral du Québec l’aient tour à tour mis au défi d’énumérer les avantages de la fédération canadienne pour le Québec.

Autrefois ardent souverainiste lorsqu’il était ministre dans les gouvernements Bouchard et Landry, François Legault a d’abord mis la souveraineté en veilleuse pour une période de 10 ans au moment de fonder la CAQ. Puis, en 2015, son parti a pris un virage nationaliste, écartant définitivement l’option souverainiste.

Malgré les efforts des deux partis, le premier ministre Legault n’a pas voulu prononcer le mot «fierté» en parlant du Canada. «J'accepte que le Québec soit dans le Canada», s’est-il contenté de répondre au chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé.

Péréquation et équipes de hockey

«Je pense qu'il y a des avantages à rester dans le Canada, a-t-il poursuivi. D'abord, 13 milliards de péréquation, ça commence bien. Ensuite, bien, il y a des programmes sociaux qui existent au Canada. Il y a des bonnes équipes de hockey au Canada. Donc, M. le Président, il y a des avantages. Mais le chef du Parti québécois n'arrivera pas à me faire dire que je ne suis pas d'abord québécois... d'abord fier d'être québécois.»

Plutôt que de se concentrer sur un changement constitutionnel, les Québécois doivent travailler à être «maîtres chez nous économiquement», selon le premier ministre caquiste. «Le Québec, je pense, actuellement et puis pour de bon, c'est mieux de rester à l'intérieur du Canada», dit-il.

Comme Robert Bourassa

Le chef libéral Pierre Arcand a également talonné le premier ministre sur son attachement à la fédération canadienne en lui demandant si le Canada est uniquement «un mal nécessaire».

Frondeur, le premier ministre Legault s’est d’abord dit surpris que le chef libéral «ne me pose pas ses questions en anglais». «Bon, évidemment, je pourrais être pas gentil puis dire que le Parti libéral a seulement 10 % d'appui chez les francophones», a-t-il ajouté.

«Les Québécois, c'est le Québec d'abord. Tu sais, c'est ça qui a fait le succès de Robert Bourassa, de Jean Lesage, mais c'est ce qui a fait l'échec des dernières années au Parti libéral, a-t-il répliqué. Le Parti libéral est devenu un parti qui essentiellement défend les anglophones et les allophones. On le voit dans le débat sur la laïcité. »

Legault ira à NY et Washington

François Legault a également profité de l’étude des crédits pour annoncer qu’il se rendra aux États-Unis le mois prochain. Le premier ministre se rendra d’abord à New York afin de rencontrer des entreprises qui souhaitent investir au Québec.

Il mettra ensuite le cap sur Washington pour tenter d’obtenir l’annulation de la taxe sur l’aluminium imposée par l’administration Trump. Les États-Unis se trompent de cible en imposant une taxe au Canada, estime le premier ministre : «J'ai demandé à nos représentants de m'organiser des rencontres peut-être plus politiques à Washington, avec les gens responsables de l'administration américaine, pour expliquer qu'actuellement la personne, ou le pays qui devrait être attaqué, ou qui devrait faire l'objet de négociation, ça devrait être la Chine, pas le Québec, pas le Canada.»