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«Texto de trop»: Des carcasses de voitures atterrissent dans le Vieux-Montréal

Francis Pilon | Agence QMI

Une exposition-choc montrant trois voitures fracassées, située sur la place Jacques-Cartier à Montréal, attire les regards des passants et tente ainsi de sensibiliser le public face aux histoires d’horreur encouru par l’utilisation du cellulaire au volant.

Jusqu’au 18 avril, cette initiative nommée «Texto de trop», propulsée par Sid Lee et la Ville de Montréal, vise à atteindre l'objectif de réduire à zéro le nombre de décès et de blessés sur les routes de la métropole. La campagne a aussi pour objectif d'inciter la population à utiliser la fonction «Ne pas déranger en voiture» sur leur téléphone.

L'expo-réalité, qui se déplacera ensuite dans d’autres arrondissements à Montréal, s'inspire de faits réels vécus par trois victimes, dont l'accident est survenu au Québec.

Parmi les voitures présentées, il y a celle qui a coûté une jambe à Daniele Boutet.

«Je suis en route», c’est le texto envoyé par un conducteur qui a frappé à sens inverse sa moto, alors qu’elle était en lune de miel dans la ville de Rouyn-Noranda en 2015.

«Tout le monde a déjà texté au volant "Je suis en route". Cet accident a changé ma vie et bouleversé celles de mes proches. On m’a amputé une jambe et j’ai dû vivre avec des séquelles. Tout mon entourage a été touché, pas juste moi», a affirmé Mme Boutet au «24 Heures».

Chaque victime a fourni des photos des véhicules endommagés pour reproduire une réplique quasi parfaite de ceux impliqués dans leur accident dans le cadre de l’exposition.

Daniele Boutet est aujourd’hui professeur de yoga et a recommencé à vivre normalement, malgré son amputation et les séquelles psychologiques qui ont suivi l'accident. L’homme qui l’a frappé, lui, se trouve derrière les barreaux et purge une peine d’une année de détention pour avoir envoyé un texto de trop.

Texter les accidentés

Les participants à l’exposition sont invités à découvrir les victimes en textant le numéro associé à chaque voiture réplique. Ils reçoivent, par la suite, un témoignage sur leur appareil qui permet de mettre un visage sur la problématique des textos au volant.

«Bien que nous connaissions tous l'importance de ne pas utiliser son téléphone au volant, la plupart des gens semblent être désensibilisés face au propos. Nous espérons que cette exposition incitera les Montréalaises et Montréalais à agir et à conscientiser leur entourage», a indiqué Éric Alan Caldwell, l’élu responsable des Transports dans l’administration Plante.

D’après la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ), près d'un conducteur sur cinq avoue avoir écrit ou lu des textos en conduisant. Cette infraction provoquerait même plus de collisions mortelles que la conduite en état d'ébriété, selon un bilan de la Sûreté du Québec.