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Un papier de seringue dans la bouche de leur petit

Stéphanie Gendron | Journal de Québec

gracieuseté

En moins de 24 heures, les parents d’un bébé atteint d’un rare syndrome hospitalisé au CHUL ont trouvé un papier de seringue dans la bouche de leur petit, ainsi qu’un papier de désinfectant et un bouchon de seringue oubliés dans le fond de son lit. Selon eux, il s’agit d’une négligence du personnel qui aurait pu avoir de graves conséquences.  

La grand-mère d’Abel Tremblay-Pelletier a entendu un drôle de bruit provenant du bambin mardi soir, alors qu’il était dans son lit d’hôpital au Centre hospitalier de l'Université Laval (CHUL) à Québec, dans le secteur Sainte-Foy. 

L’enfant handicapé atteint d’un syndrome rare avait un bout de papier de seringue dans la bouche, qu’il aurait vraisemblablement attrapé dans le fond de son lit. 

Le lendemain, mercredi, le père du garçon d’un an a trouvé un bouchon de seringue et le papier d’un tampon désinfectant également dans son lit. 

La situation choque ses parents, d’autant plus que la semaine passée, son état de santé était tellement incertain que les parents avaient signé un protocole de non-réanimation. 

 «Un enfant polyhandicapé, malade, qui se bat pour vivre depuis près de deux ans et qui déjoue tous les pronostics va mourir à cause d’un bout de papier oublié parce qu’on ne le réanimera pas à cause du protocole à ce moment-là ? Oui, on s’attend à son décès éventuellement, mais jamais mourir d’un bout de papier oublié, ça serait vraiment fâchant», lance Karie-Lyn Pelletier, la mère d’Abel. 

Ce dernier est atteint du syndrome Mednik, une maladie génétique rare qui lui occasionne une déficience intellectuelle, une surdité, des problèmes intestinaux et de peau graves. Il était hospitalisé depuis deux semaines en raison d’un virus qui a nécessité deux transfusions sanguines. 

 «Il est loin d’être dans un état végétatif, il est capable de se tourner, de saisir les objets. C’était vraiment un risque élevé», estime sa mère. 

Plainte officielle 

 «C’est un incident malheureux et inacceptable», a dit Geneviève Dupuis, des communications du CHU de Québec, après avoir confirmé les deux événements. 

 «Le chef de l’unité a rencontré le père et a tout de suite mis des améliorations en place avec l’équipe clinique. On a tout de suite demandé à l’équipe de gestion des risques de mener une enquête», a-t-elle ajouté.   

Les parents ont aussi décidé de déposer une plainte officielle dans les prochains jours. 

Karie-Lyn Pelletier affirme qu’elle comprend que l’erreur est humaine, mais elle ne décolère pas. 

«Il n’y a aucune excuse à ce qui s’est passé. Oui, l’erreur est humaine, mais ça fait plus d’une fois. Si ça arrive à Abel, ça peut arriver à d’autres», craint Mme Pelletier. 

Le matériel utilisé sert à brancher ou débrancher son hyperalimentation. Le petit a eu son congé d’hôpital mercredi.