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Fitzgibbon et Guy LeBlanc brassaient des affaires encore au début du mois

Pierre Couture et Jean-François Gibeault | Journal de Québec et QMI

Le nouveau PDG d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, qui sera nommé officiellement aujourd’hui par le gouvernement Legault, brassait des affaires personnelles jusqu’à tout récemment avec son nouveau patron et ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a appris Le Journal.

Amis dans la vie de tous les jours et anciens collègues chez PricewaterhouseCoopers, les deux hommes étaient également actionnaires de la même entreprise jusqu’au 10 avril.

Au Registre des entreprises du Québec, Le Journal a toutefois constaté que des décisions se sont précipitées ces dernières semaines afin qu’ils mettent un terme à leurs liens d’affaires.

Au début du mois de mars, l’entreprise Move Protéine, spécialisée dans la vente de protéines végétales, comptait d’ailleurs M. LeBlanc comme actionnaire principal et administrateur, et M. Fitzgibbon comme troisième actionnaire et administrateur.

Il faut dire que le PDG de Move Protéine est Renaud LeBlanc, le fils de Guy LeBlanc. Renaud LeBlanc est le deuxième actionnaire de la compagnie.

Des changements à la direction

Au cours de son enquête, Le Journal a constaté plusieurs changements au Registre des entreprises touchant l’actionnariat et les noms des administrateurs de Move Protéine.

Deux jours seulement après que Le Journal eut dévoilé que M. LeBlanc avait été choisi comme le nouveau PDG d’Investissement Québec, plusieurs ajouts et modifications sont apportés aux noms des actionnaires et des administrateurs impliquant Pierre Fitzgibbon, Guy LeBlanc et sa conjointe Claire Léonard.

Assez surprenant, tous ces changements s’opèrent en quelques semaines. Des noms d’actionnaires sont remplacés, des démissions d’administrateurs interviennent et on cède même des actions à un autre actionnaire.

Pourquoi autant de changements à la direction de cette entreprise dont M. Fitzgibbon et le nouveau PDG d’Investissement Québec sont intimement liés ?

Le ministre se défend

Appelé à commenter la situation, l’attaché de presse du ministre a indiqué hier que celui-ci n’avait rien à se reprocher.

« Ce sont des connaissances de longue date. Depuis le 1er octobre, date des élections, M. Fitzgibbon a démissionné de tous les conseils d’administration où il était administrateur », a fait savoir Mathieu St-Amand.

D’après ce dernier, c’est l’entreprise Move Protéine qui n’aurait pas divulgué les bonnes informations au Registre des entreprises.

Tous les placements et les actions détenus par le ministre de l’Économie ont également été transférés dans une fiducie sans droit de regard.

C’est cette fiducie qui aurait effectué les récentes transactions « à la demande de M. Fitzgibbon », a précisé M. St-Amand.

La rémunération du nouveau PDG explosera de 50 %

La rémunération totale annuelle du nouveau PDG d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, pourrait bondir de façon importante pour atteindre les 800 000 $, en hausse de 50 % (+ 277 000 $) s’il atteint les objectifs de performance, a appris Le Journal.

Selon nos informations, le gouvernement Legault dévoilera aujourd’hui une nouvelle façon de rémunérer les hauts dirigeants d’Investissement Québec (IQ), dont le PDG M. LeBlanc.

La rémunération totale du numéro un du bras investisseur du gouvernement passerait ainsi à plus de 800 000 $, soit une impressionnante hausse annuelle de plus de 277 000 $.

L’an dernier, le PDG actuel d’IQ, Pierre-Gabriel Côté, a encaissé une rémunération totale de 523 000 $, dont un salaire de base de 415 000 $.

Mandat modifié

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a promis de modifier en profondeur le mandat et le fonctionnement d’Investissement Québec.

En campagne électorale, François Legault a dit vouloir transformer la société d’État en véritable organisme de prospection de nouveaux marchés à l’étranger.

Récemment, le ministre Fitzgibbon a nié les rumeurs voulant que Montréal International soit fusionné à IQ dans le cadre d’une réforme des organismes à vocation économique au Québec.

Variable

La rémunération du prochain PDG d’Investissement Québec sera variable, a assuré une source gouvernementale bien au fait du dossier.

En plus de son salaire de base, le nouveau patron aura droit à un programme de bonis annuels basé sur le rendement ainsi qu’à un programme de rémunération variable à long terme basé sur le rendement moyen sur trois ans.

Cette forme de rémunération très répandue au sein de l’industrie du placement permet notamment de retenir plus facilement les hauts dirigeants qui ont droit à ce type de rémunération.

Plusieurs changements à la direction

Le 25 mars, soit deux jours après que Le Journal eut dévoilé que Guy LeBlanc avait été choisi comme le nouveau PDG d’Investissement Québec, des changements sont alors apparus à la direction de Move Protéine.

M. LeBlanc est alors toujours premier actionnaire de la compagnie, mais démissionne comme administrateur et indique le 25 mars (jour de la modification) comme date de fin de fonction.

Le ministre Pierre Fitzgibbon est toujours troisième actionnaire, mais démissionne lui aussi comme administrateur, en indiquant le 1er octobre 2018 (jour des élections provinciales) comme date de fin de fonction.

Pourtant, lors de la déclaration annuelle de Move Protéine au Registre des entreprises, le 2 mars, il est clairement indiqué que M. Fitzgibbon est toujours troisième actionnaire et administrateur de l’entreprise.

Le 10 avril, une autre modification survient alors à l’actionnariat de Move Protéine : M. LeBlanc cède ses actions à sa conjointe, Claire Léonard.

Lundi dernier, on apprend finalement que Pierre Fitzgibbon cède ses actions de l’entreprise à Luc Laperrière.

– Pierre Couture

Guy LeBlanc n’était pas le premier choix

Selon nos sources, Guy LeBlanc n’était d’ailleurs pas le premier choix des chasseurs de têtes embauchés à grands frais (60 000 $) pour trouver le nouveau PDG d’Investissement Québec.

Le ministre de l’Économie aurait ainsi préféré M. LeBlanc à d’autres candidats retenus par la firme Odgers.