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Inondations: état d’alerte dans plusieurs régions

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

Avec le redoux et les fortes pluies attendues, tous les ingrédients sont réunis pour que plusieurs régions du Québec connaissent des crues importantes ces prochains jours, ce qui force les autorités à se mettre sur un pied d’alerte et à se préparer au pire.

«Ça devrait faire des semaines qu’on devrait se préparer de manière plus importante, avec ce qu’on a connu en 2017. Comment ça se fait qu’on ne soit pas plus en mode prévention présentement ?» questionne Philippe Gachon, titulaire de la Chaire de recherche sur les risques hydrométéorologiques à l’Université du Québec à Montréal.

Il se dit «très préoccupé» par les prévisions météo des prochains jours, alors que des précipitations importantes sont attendues. Entre 25 et 70 millimètres de pluie pourraient s’abattre sur différents secteurs du Québec et le mercure pourrait atteindre 18 degrés Celcius à Montréal.

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«On peut s’attendre à un dégel très rapide. Avec les températures assez chaudes, l’importante quantité de neige au sol dans les régions plus au nord, la glace sur de nombreuses rivières qui pourrait former des embâcles, c’est certain qu’il va y avoir des débordements», soutient l’expert, précisant que les sols gelés ne seront pas en mesure d’absorber l’eau.

«Par endroit, la neige est entre 150 % et 200 % au-dessus de la normale de ce qui devrait se trouver au sol à cette date», confirme André Cantin, météorologue à Environnement Canada.

Surveillance et évacuations

Déjà, le ministère de la Sécurité publique prévient les riverains qu’un «ruissellement considérable» et des «crues importantes» sont anticipés pour plusieurs régions (voir la liste ci-dessous).

«La situation peut évoluer rapidement. On traite chaque crue printanière de manière unique», a indiqué le porte-parole Thomas Blanchet, qui ne souhaitait pas comparer la situation actuelle à celle vécue en 2017 lors des crues historiques.

Plusieurs cours d’eau se retrouvent ainsi sous haute surveillance et des municipalités ont déjà mis en place des mesures d’urgence. La Ville de Rigaud, qui avait été durement touchée il y a deux ans, invitait déjà, mercredi, ses citoyens à évacuer «d’ici les 24 prochaines heures».

«Les équipes se mobilisent en vue d’une crue qui sera supérieure à celle de 2017», a mentionné la Municipalité de la Montégérie.

Prévention

«Il est absolument essentiel que la population se prépare à des inondations pour ne pas être prise par surprise. Au pire, on se sera préparé et on ne sera pas inondé», a estimé la professeure d’urbanisme à l’Université de Montréal Isabelle Thomas, spécialisée sur la vulnérabilité des villes aux inondations.

De son côté, l’ingénieur hydraulicien à la Communauté métropolitaine de Montréal Pierre Dupuis a rappelé que la Sécurité civile s’assure qu’il y ait une bonne gestion des débits d’eau, notamment avec les barrages d’Hydro-Québec.

«Toutefois, on s’en va tout de même vers une bonne crue. On a déjà atteint des conditions qu’on ne voit pas une année sur deux. C’est dur à prévoir à long terme, il faut croiser les doigts pour qu’il n’y ait pas beaucoup de précipitations», a fait valoir l’expert.

Montréalais inquiets

L'agglomération de Montréal est passée en mode d'intervention d'urgence. Les autorités complètent les derniers préparatifs, comme l'installation de digues.

Ce plan touche les arrondissements et les villes liées suivants: Ahuntsic – Cartierville, Pierrefonds – Roxboro, L’Île-Bizard – Sainte- Geneviève, Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles, Sainte-Anne-de-Bellevue, Village de Senneville, Pointe-Claire et Montréal-Nord.

Des Montréalais inondés en 2017 craignent que le scénario se répète dans les prochains jours, avec les précipitations annoncées. La Ville mène présentement une campagne de prévention, notamment dans les secteurs touchés par les inondations de 2017.

Des agents du Service de sécurité incendie de Montréal avaient déjà visité plus de 2200 ménages mercredi soir.

Par ailleurs, la Ville de Laval a déclaré l'état d'urgence jeudi après-midi.

Dur lendemain en Beauce

Le nettoyage se poursuit à Beauceville, alors que des centaines de sinistrés, confrontés à leur pire inondation depuis près de trois décennies, ont constaté mercredi les lourds dégâts. La journée a été pénible pour les résidents et commerçants des quelque 300 bâtiments sinistrés du boulevard Renault et de l’avenue Lambert. L’eau s’est retirée, mais d’imposants blocs de glace et d’autres objets incongrus jonchaient le sol, ici et là. Et la crainte d’une nouvelle crue est loin d’être écartée, ont répété les autorités à la veille de quatre jours de pluie.

En Estrie, les autorités surveillent la rivière Saint-François. Son niveau pourrait atteindre le seuil critique au centre-ville de Sherbrooke.

Régions à «risque élevé» d’inondations

Centre-du-Québec

Chaudière-Appalaches

Estrie

Lanaudière

Laurentides

Montérégie

Outaouais

Archipel de Montréal