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Des drones au service des baleines

Alexandre Cantin | TVA Nouvelles

Le risque d'empêtrement de certaines espèces de baleines dans le Saint-Laurent dans du matériel de pêche pourrait être plus élevé que les estimations actuelles. C'est ce que démontre une étude préliminaire menée à l'aide de drones par la Station de recherche des îles Mingan.

Une centaine de survols du golfe Saint-Laurent au mois de juillet et août dernier a permis aux chercheurs de la station de recherche des îles Mingan d’identifier de nombreuses cicatrices sur des baleines.

Ces observations auraient été impossibles à faire à partir d’un bateau.

Les rorquals communs, de même que les baleines bleues ne sortent généralement pas leur queue de l'eau comme le font d’autres espèces, comme les baleines à bosse.

Cela empêche les chercheurs d’observer la partie de leur corps la plus susceptible de s’accrocher à du matériel de pêche.

Sur les 35 rorquals communs clairement identifiés par les vidéos aériennes, 15 portaient des marques des cicatrices provoquées par l’empêtrement dans du matériel de pêche.

À la lumière de cette première année d’études, les chercheurs estiment à entre 42 à 52 % le taux d’empêtrement des rorquals communs.

Ces données préliminaires ont de quoi remettre en question les connaissances scientifiques actuelles qui considèrent faibles les risques d’empêtrement de ces mammifères, a souligné la responsable des communications de la Station de recherche des îles Mingan, Viridiana Jimenez.

«Bien que ce soit une première année d’étude, c’est quand même quelque chose qui soulève un point d’interrogation et qui soulève des questions sur la problématique de l’empêtrement, a-t-elle souligné. Il est important de continuer à suivre ce problème.»

L’étude, réalisée en collaboration avec Pêches et Océans Canada, permettra d’ajuster si nécessaire les mesures de protection des baleines dans le Saint-Laurent.

Selon les chercheurs, les données publiées sont conservatrices, selon Viridiana Jimenez. «On échantillonne que les survivants, a-t-elle ajouté. Si on est capable de les observer, c’est parce qu’ils ont survécu à l’empêtrement. Donc pour l’instant, on a aucun moyen d’estimer le taux de mortalité qu’il y a à l’empêtrement.»

La station de recherche entend continuer à étudier par drone les rorquals communs et les baleines bleues au cours des prochaines années afin de mieux comprendre les risques associés à l’empêtrement.

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