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«On a appris de 2017», assure Valérie Plante

TVA Nouvelles 

Les autorités et les citoyens de plusieurs secteurs de la grande région de Montréal sont sur un pied d’alerte en prévision des inondations qui pourraient survenir dans les prochaines heures et les prochains jours.

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«Énormément de travail a été fait au niveau des digues durant les dernières semaines. On a fait de la sensibilisation. On a pris de l’avance. On met l’énergie, mais au final c’est Dame Nature qui décide», a souligné la mairesse Valérie Plante, qui a visité les arrondissements les plus à risque vendredi.

La chef de Projet Montréal a visité les arrondissements les plus à risque - Pierrefonds-Roxboro, L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève et Ahuntsic-Cartierville -, des secteurs qui avaient subi le plus de dégâts lors des inondations historiques du printemps 2017.

En entrevue à TVA Nouvelles, elle a indiqué que les leçons apprises à la dure, il y a deux ans, avaient permis de bien se préparer cette fois.

«Énormément de travail a été fait au niveau des digues durant les dernières semaines. On a fait de la sensibilisation. On a pris de l’avance. On met l’énergie, mais au final, c’est Dame Nature qui décide», a souligné la mairesse, qui était chaussé de bottes munies de lacets roses.

Les cols bleus, les pompiers du Service de sécurité incendie de Montréal, les arrondissements et les villes liées se partagent de l’information et sont en communication constante, une condition de succès en temps de crise, selon Valérie Plante.

«Clairement, la situation est très très différente de 2017 où on était en réaction, a poursuivi la mairesse. Cette fois, on a la situation en main, on est prêts. [...] Le plus important, c’est la communication, et là-dessus, on a beaucoup renforcé la communication, c’était une recommandation à la suite des inondations de 2017.»

Selon elle, des bénévoles sont à l’œuvre pour remplir et livrer des sacs de sable et les pompiers continuent leur porte-à-porte, une opération engagée depuis quelques jours déjà.

Elle ne croit pas que des soldats des Forces armées canadiennes soient nécessaires pour le moment à Montréal.

Durant les derniers jours, les Montréalais concernés ont été rencontrés afin de s'assurer qu'ils ont un plan d'évacuation et une trousse de survie de 72 heures.

Voici un tour de la situation par secteur:

Arrondissement L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève

L’arrondissement L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève a mis en place des numéros d’urgence accessibles entre 8h et 18h. Les citoyens peuvent composer le 514-620-3098 et 514-620-6632 pour obtenir de l’information.

En entrevue à TVA Nouvelles, le maire Normand Marinacci a expliqué que des palettes de sacs de sable avaient été placées à plusieurs intersections de rues dans les quartiers à risque.

«Nous avons fait livrer ces palettes il y a trois ou quatre jours, car on s’attendait à ce qu’il se passe quelque chose (...) Nous avons identifié des points stratégiques où il y avait les inondations les plus importantes», a-t-il expliqué.

Des règles bathymétriques ont également été installées pour que les citoyens puissent surveiller eux-mêmes le niveau de l’eau.

N'ayant rien oublié de 2017, des citoyens ont transformé leur résidence en véritable forteresse et se tiennent près. Il n'en demeure pas moins que le stress se fait sentir à mesure que les heures passent.

«C'est nous qui avons vécu ça en 2017 et si on perd notre maison, ça ne sera vraiment pas drôle», a dit une résidente, en pleurs.

La préparation se poursuit

Le chef aux opérations du Service de sécurité incendie de Montréal, Martin Guilbault, a précisé en entrevue que la Ville était en train de préparer son intervention.

«Les gens sont déployés. Beaucoup de gens ont été rappelés au travail pendant la longue fin de semaine de Pâques pour permettre de préparer et organiser notre réponse à cet événement», a-t-il dit.

«Nous n’avons pas d’effectifs d’urgence qui sont déployés, car nous n’avons pas de rues inondées pour le moment (...) Nous sommes en train de monter des digues, remplir des sacs de sable, organiser notre préparation à ça.

Par mesure préventive, un centre qui héberge des personnes handicapées de l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro a été évacué.

Vendredi après-midi, il n’y avait pas de secteur inondé à Montréal. L’île Mercier était l’endroit le plus menacé, dans l’arrondissement de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève.

Rigaud, Montérégie

Le niveau de l’eau continue de monter à Rigaud et le pire des scénarios semble se concrétiser. Il était de 23,5 mètres vers midi vendredi, le seuil d’inondation majeure étant de 24 mètres.

Si certains résidents travaillent d’arrache-pied pour protéger leur maison, d’autres se résignent à laisser leur maison derrière eux.

«C’est déjà bien endommagé. J’ai tout rénové en dedans. Tout a été fait, mais si l'eau remonte dedans, c’est fini. Je ne bâtirai plus. Probablement que je perds tout, tout ce que j’ai fait depuis 30 ans», a dit l’un d’eux à TVA Nouvelles.

Au total, 370 résidences risquent d’être inondées. Les riverains concernés continuent de se préparer en installant des sacs de sable près de leur résidence.

Ils peuvent obtenir de l’information au 579-217-0058.

 

Deux-Montagnes, Laurentides

La municipalité de Deux-Montagnes, qui avait été l’une des plus touchées par les inondations de 2017, a entrepris la construction d’une digue de béton temporaire.

Près de 3000 blocs d’une tonne ont été superposés sur près de 300 mètres pour éviter que l’eau n'entre dans la ville.

«L’objectif est de protéger la rive des inondations. Nous avons fait des demandes pour une digue permanente, mais nous avions déjà un plan pour une digue temporaire», a fait savoir le maire de Deux-Montagnes, Denis Martin.

 

«C’est l’une des villes qui a été la plus touchée en 2017. Nous voulions éviter de leur faire revivre un stress semblable, car émotivement parlant, pour des centaines de personnes dans la ville ça avait été très difficile», a ajouté le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette.

Laval

La Ville de Laval a déclaré l’état d’urgence jeudi. Les autorités ont tenu un point de presse en milieu d'après-midi vendredi pour informer la population de l'état de la situation.

«Les prévisions nous laissent vraiment croire que la situation sera de plus en plus visible demain avec les précipitations attendues», a fait savoir une porte-parole de la police.

«Les citoyens ont été contactés par des appels automatisés par zone (...) Nous allons aussi remettre deux palettes de sable par propriété. Elles sont livrées directement à leur adresse.»

Des policiers et des pompiers de la Ville effectuent également du porte-à-porte pour entrer en contact avec les citoyens les plus vulnérables.

Les riverains qui voudraient se procurer plus de sacs de sable peuvent contacter le 311 ou se présenter dans plusieurs lieux où ils seront disponibles.

La Croix-Rouge sera sur place à compter de samedi pour répondre aux besoins les plus pressants.