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Sur les rives du lac Saint-Pierre, le mot d’ordre est «préparation»

TVA Nouvelles

Devant l’inévitable crue du fleuve Saint-Laurent en Mauricie, les autorités martèlent aux citoyens l’importance de travailler en amont et de préparer sa résidence pour les inondations.

Le secteur Langue-de-Terre est un baromètre régional à Maskinongé, et l'eau y est déjà assez haute; une portion de route y est recouverte d'eau. À Trois-Rivières, on s’attend à ce que le niveau du lac Saint-Pierre atteigne samedi 3,9 mètres de hauteur, soit plus haut qu’en 2017.

Même si la municipalité a mis des sacs de sable à la disposition des citoyens, la mairesse Ginette Bellemare s’est dite inquiète vendredi matin de constater que certains n’ont pas commencé.

«Il faut qu’ils soient en mode préparation, qu’ils construisent des digues de sacs de sable devant leur résidence», a-t-elle souligné.

Toutefois, certains citoyens assurent que ce n’est pas une question de manque de volonté, mais bien de capacité.

«Il y a une madame toute seule de 82 ans, elle est handicapée, détaille Guy Hinse, un riverain. Y’a pas grand monde qui sont capables de mettre des poches de sable ici. Ça ferait du bien d’avoir l’armée. On l’avait eu il y a deux ans, mais après. Ils avaient enlevé les poches de sable. Ça serait le fun cette année qu’ils viennent les mettre pour nous protéger.»

Grandes marées

En plus de la pluie forte et de la fonte des neiges, «un autre facteur qui ne nous aide pas, ce sont les grandes marées», mentionne Bernard Létourneau, porte-parole de la Sécurité civile.

«L’eau va s’écouler beaucoup plus difficilement du fleuve, explique-t-il. [...] Le mot d’ordre qu’on lance aux citoyens, c’est de se préparer.»

Un autre cours d’eau à surveiller : la rivière Saint-Maurice. On trouve encore beaucoup de neige en Haute-Mauricie, et avec les températures douces et les pluies prévues, elle risque de fondre. De plus, une alerte de débâcle est en vigueur; si une telle situation devait se produire, on pourrait assister à un embâcle, ce qui ferait monter le niveau de la rivière, inondant au passage les riverains.

Plus de 10 000 sacs de sable

Sur l’autre rive du fleuve, à Nicolet, une vingtaine de travailleurs et de bénévoles se sont activés toute la journée pour remplir des sacs de sable pour former des digues autour des résidences. Vendredi midi, on estimait qu’environ 10 000 sacs avaient été préparés.

 

La mairesse de Nicolet a elle-même fait du porte-à-porte pour s’assurer que les riverains protègent leur maison.

«Préparons-nous à ce qu’on a vécu en 2017, demande Geneviève Dubois à ses concitoyens. On n’a pas eu beaucoup de gens qui ont quitté leur maison, souvent ils vont le faire parce que l’électricité est coupée. S’ils veulent se réchauffer, s’ils veulent quitter leur résidence, ils ont une place pour aller.»

La mairesse a affirmé que les services municipaux sont prêts à aller plus loin si les prévisions actuelles se concrétisaient.

La menace est prise très au sérieux. Mme Dubois a d'ailleurs annoncé l’ouverture, vendredi soir, d’un centre d’hébergement où d’éventuels sinistrés pourront trouver du réconfort.

Selon Alain Gentes, un riverain qui avait été touché par les inondations de 2017, cette fois-ci, les préparatifs pour faire face aux intempéries ont commencé plus en avance qu'il y a deux ans. «Je suis bien content, car les [gens de] la Ville ont mis des sacs. Là c’est Pâques, on est vendredi, tout va bien.»

À Bécancour, on peut déjà constater quelques inondations mineures; là aussi, des sacs de sable sont mis à la disposition des citoyens.

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